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Notre sélection de livres cette semaine : « Un printemps avec Arsène Lupin », « Peter Pan », « Le Bon Mal », « Selon toi »…

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, Le Monde des livres vous conseille de retomber en enfance avec Peter Pan, du Britannique J. M. Barrie (1860-1937), qui fait l’objet d’un beau volume de « La Pléiade » ; de succomber à l’angoisse avec les nouvelles du Bon Mal, de l’Argentine Samanta Schweblin ; de s’enthousiasmer pour Arsène Lupin à travers le regard que lui porte Grégoire Bouillier ; de saluer, grâce à Marielle Hubert dans Selon toi, Pascale Lemée (1964-2021), l’écrivaine et metteuse en scène à qui elle doit sa vocation ; enfin, de découvrir les subtilités de la démocratie athénienne, détaillées par Vincent Azoulay dans Ostracisme !

CLASSIQUE. « Peter Pan », de J. M. Barrie

Neverland est ce pays imaginaire où Peter Pan s’envole grâce à des pensées agréables et un peu de poussière de fée. Une île, royaume d’un sale gosse à l’innocence cruelle, où s’affrontent pirates et Peaux-Rouges, et qui est aussi le refuge d’enfants perdus qu’une petite fille, Wendy, va tous adopter.

Comment cela s’est-il construit et conçu ? L’écrivain et universitaire Philippe Forest vient de rassembler tout le corpus de cette drôle d’aventure littéraire dans l’édition de « La Pléiade » qu’il consacre à Peter Pan, de l’écrivain écossais J. M. Barrie (1860-1937). Celui-ci prétendait qu’il n’avait aucun souvenir de son écriture. Manière de dire peut-être qu’il s’agissait plutôt d’un puzzle peu à peu mis en forme. Une histoire sans cesse relancée, rajustée, par ceux à qui elle est destinée. En effet, Barrie inventa Peter Pan pour les fils des Llewelyn Davies, ses voisins londoniens du quartier de Kensington.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nathalie Azoulai, traductrice de « Peter Pan et Wendy » : « Je me suis interrogée sur la figure de Wendy. Y avait-il un angle féministe possible ? »

Avec eux, en 1901, dans sa maison de campagne du Surrey, il organise une robinsonnade dont il réalise un album photographique qu’il va leur offrir. Premier pas vers l’histoire. Il le franchira complètement l’année suivante, lorsque, au centre de son roman Le Petit Oiseau blanc, il consacre quatre chapitres aux aventures d’un petit garçon qui a quitté son berceau en volant pour rejoindre le pays des fées. Ce farfadet, c’est Peter Pan. Mais pour féerique qu’elle soit, l’aventure n’est pas une bluette. Et Neverland pas un paradis. On s’étripe dans ce nulle-part envahi de jamais. Philippe Forest, à raison, n’a pas voulu traduire ce mot, tout étrangement chargé d’absence, d’oubli, de deuil. X. H.

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Source:

www.lemonde.fr

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