Un baril à 80, 100 ou 120 dollars ? Sous les lustres du somptueux hôtel Beau Rivage, à quelques pas du Lac Léman, les spéculations sur le cours du brut d’ici la fin de l’année sont allées bon train lors du raout annuel du Financial Times consacré aux matières premières, fin avril. Les pontes du négoce mondial, présents dans l’assistance, sont coutumiers de l’exercice. Mais un autre matériau, plus discret, s’est récemment invité dans leurs discussions : le soufre. Pour cause, le Moyen-Orient compte pour près de la moitié du commerce maritime mondial de ce sous-produit issu du raffinage. Et au-delà de son transport, mis en péril par le blocage du détroit d’Ormuz, plusieurs sites de production dans la région ont été perturbés depuis le début du conflit.
Le nœud du problème ? Cette poudre jaune est essentielle pour obtenir de l’acide sulfurique, autrefois connu sous le nom d’huile de vitriol. Cet ingrédient est lui-même au cœur de plusieurs chaînes de valeur : il est utilisé à environ 60 % pour la fabrication d’engrais phosphatés, à 30 % pour l’extraction de métaux, via le processus de lixiviation, et trouve aussi sa place dans la production de semi-conducteurs ou de certaines batteries. Problème : ces secteurs sont confrontés à la flambée des prix du « roi » des produits chimiques. Sa référence européenne à l’export (FOB) a bondi à plus de 280 dollars la tonne sur le marché journalier le 22 avril, soit plus du double par rapport à fin février, avant l’embrasement au Moyen-Orient, selon l’agence S&P Platts. Pour ne rien arranger, la Chine, exportateur majeur d’acide sulfurique, s’apprêterait à resserrer la vis début mai pour préserver ses stocks domestiques.
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Source:
www.lexpress.fr




