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En mer, la guerre secrète de Donald Trump contre les cartels

Les vidéos granuleuses diffusées par le Pentagone ne durent qu’une poignée de secondes. Certaines montrent des embarcations lancées à pleine vitesse sur l’eau avant d’être englouties dans une boule de feu. D’autres les montrent immobiles, avec des silhouettes visibles sur le pont, laissant penser qu’elles ont été interceptées plutôt que détruites. C’est ce que dévoilait le New York Times le 2 mars dernier. Plus d’un mois plus tard, l’armée américaine a encore intensifié ses opérations contre les navires en mer des Caraïbes et dans l’est du Pacifique, dans le cadre de la campagne menée par l’administration Trump contre ceux qu’elle accuse de trafic de drogue en mer.

La dernière attaque, menée dimanche 25 avril, et qui, selon le Pentagone, a fait trois morts dans l’est du Pacifique, était la septième ce mois-ci et la 54e depuis le début de la campagne en septembre. Elle porte le bilan des victimes à au moins 185 morts. Avant le renforcement des effectifs aériens, un bateau soupçonné de transporter de la drogue avait environ 50 % de chances d’échapper à l’armée, a déclaré un responsable militaire. Ce pourcentage est désormais tombé à environ 25 %, a-t-il précisé dans le New York Times.

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Le rythme des opérations, engagé depuis septembre et amorcé avant la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro s’est nettement accéléré ces deux dernières semaines. Selon la chaîne de télévision américaine, CBS, au moins huit frappes navales ont été menées depuis le début du mois d’avril en mer des Caraïbes et dans l’est du Pacifique. Les autorités américaines n’ont, à ce stade, présenté aucun élément public établissant que les embarcations visées transportaient effectivement de la drogue.

Des capacités aériennes renforcées

L’armée américaine aurait discrètement renforcé ses capacités aériennes en déployant davantage d’avions d’attaque furtifs à voilure fixe et de drones armés MQ-9 Reaper, d’après deux sources informées du dossier citées par le New York Times. Basés au Salvador et à Porto Rico, ces appareils auraient contribué à « intensifier le rythme des opérations maritimes » menées ces dernières semaines. Les avions furtifs permettent notamment de viser des cibles tout en limitant les risques de détection. Le nombre exact d’appareils mobilisés, comme leur configuration précise, n’a pas été rendu public, à l’instar de nombreux aspects de cette campagne navale.

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Ces frappes soulèvent aussi de sérieuses questions juridiques. De nombreux spécialistes du droit estiment qu’elles pourraient s’apparenter à des exécutions extrajudiciaires illégales. Selon le New York Times, plusieurs experts de l’usage de la force létale rappellent que l’armée ne peut cibler délibérément des civils ne représentant pas une menace imminente, même lorsqu’ils sont soupçonnés d’activités criminelles. D’autant que certaines méthodes employées interrogent : en janvier dernier, le quotidien américain révélait que le Pentagone avait mobilisé un avion secret, peint pour ressembler à un appareil civil, lors de sa toute première frappe contre un bateau accusé par l’administration Trump de trafic de drogue.

De son côté, la Maison-Blanche soutient que ces opérations sont légales. Elle affirme que Donald Trump aurait « déterminé » que les États-Unis étaient engagés dans un conflit armé formel contre une liste secrète de 24 cartels de la drogue et organisations criminelles latino-américaines, alors même qu’aucune déclaration de guerre n’a été autorisée par le Congrès. « Si l’on accepte l’affirmation contestée de l’administration selon laquelle un état de conflit armé légal existe, feindre un statut civil pour tromper l’adversaire et l’amener à baisser sa garde, puis à négliger les précautions nécessaires, constitue un crime de guerre, avant de l’attaquer et de le tuer », martèle le New York Times. Alors que l’attention internationale reste concentrée sur l’Iran, les opérations américaines en mer semblent évoluer dans un relatif angle mort médiatique et politique.


Source:

www.lexpress.fr

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