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« Ça nous préoccupe »… La Bretagne s’inquiète des comportements excessifs de ses jeunes avec l’alcool et les drogues

Ce n’est pas qu’une réputation. Souvent tancés pour leur penchant pour l’alcool, les Bretons affichent globalement une consommation supérieure à la moyenne nationale. Pas au quotidien où la région se situe dans la moyenne nationale. Non, là où la Bretagne se distingue, c’est dans son goût pour l’excès. Dans la région, 40 % des jeunes âgés de 18 à 30 ans reconnaissent une « alcoolisation ponctuelle importante » au cours du mois, selon une enquête de Santé publique France. La réalité est sans doute même bien au-dessus. « On peut appeler ça des cuites », résume Franck Robine.

Jeudi, le préfet de la région recevait le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives pour tenter de trouver des solutions à ces ivresses sévères. « On sait qu’il y a une forme de prise de risque des adolescents. Ils veulent appartenir à un groupe, parfois faire les malins. Mais ça nous préoccupe. Notre objectif, c’est que les gamins ne rentrent pas dans ces consommations », explique Nicolas Prisse, le président de la Mildeca.

En plus de provoquer de sérieux dégâts dans les cerveaux pas encore totalement « câblés » des plus jeunes, ces consommations d’alcool excessives ont tendance à multiplier les risques. Derrière un prétexte de fête, la jeunesse a tendance à expérimenter l’ivresse, à tester le tabac, le cannabis, la cocaïne ou encore d’autres substances comme le protoxyde d’azote. Une première fois qui peut avoir de lourdes conséquences. « Le problème de la consommation festive, c’est qu’elle peut emmener vers une addiction », prévient la directrice adjointe de l’Agence régionale de santé Anne-Briac Bili.

Des violences, des comportements à risques…

D’autant que la consommation excessive d’alcool ou de drogue qui touche les jeunes Bretons n’a pas un impact que sur leur santé. « Je sais que l’alcool fait partie de la culture française mais il ne faut pas se tromper. Les 10 verres maximum par semaine, il y en a qui les prennent en une soirée. Ces excès peuvent être dramatiques. Ils peuvent déboucher sur des violences, des agressions sexistes et sexuelles, des alcoolisations fœtales et des comportements à risques », prévient le président de la Mildeca.

La Bretagne fait partie des régions où l’expérimentation de drogues, notamment le cannabis, est la plus élevée en France.  - Carlos Chiossone/Zuma

En déplacement en Bretagne, Nicolas Prisse vient rappeler aux autorités de santé qu’elles peuvent solliciter des fonds pour mener des actions de sensibilisation auprès des plus jeunes. « Plus on commence la prévention tôt, plus c’est efficace ». Alors que toutes les études montrent une nette dégradation de la santé mentale des plus jeunes, le président de la Mildeca veut « contrer l’idée » que l’alcool ou la drogue permettent de passer au-dessus des périodes difficiles. « Les consommations aggravent tout. L’alcool ou la drogue ne doivent pas être une béquille ». Il insiste également sur le rôle des proches. « Laisser quelqu’un fumer ou boire parce qu’il est dans une situation difficile, c’est l’enfoncer. » La région est aussi celle qui compte le plus fort taux de suicide.

Notre dossier sur les addictions

Ces excès qui se généralisent ont en plus des répercussions sur tout le système de santé. En Bretagne, l’explosion de la consommation de cocaïne a par exemple multiplié par dix les passages aux urgences de la part de consommateurs de coke. « On entend beaucoup de gens qu’ils gèrent avec la cocaïne. Mais ce n’est pas le cas », tacle le préfet Franck Robine. Après avoir déployé un arsenal répressif depuis son arrivée en Bretagne l’an dernier, l’ancien directeur de cabinet de Bruno Retailleau entend développer la prévention.

Des appels à manifestation d’intérêt permettent aux structures de bénéficier de fonds publics pour développer des actions. L’an dernier, la campagne « Y’a rien à attendre du deal » lancée par la ville de Rennes avait bénéficié d’un important soutien financier de la Mildeca. Reste à savoir si elle a fonctionné. « La difficulté, c’est souvent d’évaluer l’impact », reconnaît la directrice adjointe de l’ARS.


Source:

www.20minutes.fr

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