Des chiffres qui en disent long sur l’évolution des usages des jeunes face à l’intelligence artificielle. Longtemps sollicitée pour aider aux devoirs ou répondre à des questions du quotidien, l’IA conversationnelle s’impose désormais comme un véritable interlocuteur à qui confier des problématiques intimes, selon une étude européenne du Groupe VYV et de la CNIL, relayée par BFMTV.
Premier enseignement de cette étude menée par Ipsos BVA auprès de 3.800 jeunes européens âgés de 11 à 25 ans : 9 sur 10 utilisent une IA conversationnelle en France. Près de la moitié d’entre eux (48 %) dit même avoir des échanges personnels avec ces outils.
Une IA devenue qui devient confidente
Plus inquiétant : 33 % des sondés dans l’Hexagone considèrent souvent l’IA comme un « psy », une proportion qui grimpe à 46 % chez les jeunes souffrant d’anxiété. L’IA devient ainsi « un interlocuteur accessible, disponible à tout moment, perçu comme non jugeant et facile d’accès », souligne la CNIL, citée par Le Parisien.
Pour autant, elle ne remplace pas les relations humaines. Les amis restent les premiers confidents pour 68 % des jeunes, suivis par les parents (61 %), auprès desquels il est plus facile d’aborder des problèmes personnels. Cette utilisation intervient toutefois dans un contexte préoccupant : près d’un jeune Français sur quatre présente une suspicion de trouble anxieux généralisé, rappelle l’étude.
Un désir d’être mieux informé
Malgré cet engouement, une forme de prudence subsiste. Huit jeunes sur dix déclarent ne pas avoir totalement confiance dans l’IA. En France, près d’un sur deux se dit conscient des risques liés à la confidentialité des données personnelles.
Les attentes en matière d’information sont d’ailleurs fortes chez les jeunes Français : 75 % souhaitent mieux comprendre ce que les IA font des données qu’on leur confie, et une proportion quasi similaire aimerait être davantage informée sur les bonnes pratiques à adopter.
« Quand des jeunes se tournent vers une IA pour parler de leur stress ou de leurs difficultés personnelles, ce n’est pas un détail technologique. C’est un fait de société », souligne Stéphane Junique, le président du Groupe VYV auprès de BFMTV. Sans prôner l’interdiction, il appelle à « mieux informer, mieux prévenir et mieux accompagner ».
Source:
www.20minutes.fr




