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Bornes de recharge électriques : le manque de transparence et de lisibilité des tarifs pointé du doigt

Une «véritable loterie tarifaire». C’est le constat qu’a réalisé la CLCV dans son étude sur les bornes de recharge publique de véhicules électriques. À partir de deux années de données tarifaires et de l’analyse de plus de 200 000 connecteurs de recharge sur l’ensemble du territoire national, la CLCV révèle qu’elles sont encore marquées par un déficit de transparence et de lisibilité. Contrairement aux carburants, dont les prix sont affichés et donc directement comparables, la recharge électrique repose sur des modalités tarifaires et des conditions d’accès particulièrement hétérogènes.

Cela s’explique notamment par le nombre d’intervenants sur le prix final payé par l’usager. Les opérateurs de bornes assurent l’installation, l’exploitation et la maintenance des infrastructures de recharge. À ce premier niveau d’intervention s’ajoutent les opérateurs de mobilité ou MSP qui commercialisent l’accès à différents réseaux via des badges ou des applications. Les opérateurs de mobilité définissent leurs propres conditions tarifaires, indépendamment des coûts techniques de la borne.

Une différence de 190% pour une recharge en courant alternatif triphasé

Enfin, des plateformes d’interopérabilité facilitent l’accès aux infrastructures entre les différents réseaux, permettant notamment aux utilisateurs d’accéder à une même borne via plusieurs opérateurs de mobilité. Si elles améliorent l’accessibilité du service, elles introduisent également un niveau supplémentaire d’intermédiation. Leur fonctionnement repose sur des accords commerciaux avec les opérateurs de bornes et les opérateurs de mobilité, pouvant engendrer des coûts supplémentaires.

Ainsi, pour une recharge en courant alternatif triphasé, un automobiliste peut payer 0,36 euro/kWh en accès direct ad hoc, tandis que les prix facturés via certains opérateurs de mobilité peuvent atteindre 1,033 euro/kWh, soit un écart pouvant approcher +190%. Par ailleurs, plusieurs modes de facturation rendent la comparaison difficile : prix au kWh, à la minute, forfait par session, auxquelles peuvent s’ajouter des frais annexes (frais de connexion, de stationnement ou d’itinérance).

Des disparités au niveau local

L’enquête met également en évidence des variations selon les territoires. A l’échelle plus locale, les écarts entre le tarif minimum et le tarif maximum observés peuvent dépasser 100%, et atteindre plus de 200% dans certains cas pour un même réseau. Dans les Alpes-Maritimes, par exemple, les tarifs observés sur des bornes 22 kW pour un même opérateur varient de 0,328 euro/kWh à 1,162 euro/kWh, soit un écart de 255%. Dans les Hauts-de-Seine, les tarifs vont de 0,270 euro/kWh à 0,960 euro/kWh pour un autre opérateur, soit un écart de 255%.

Face à ces constats, la CLCV appelle à un renforcement de la transparence et de la lisibilité des prix de la recharge publique. Elle demande la généralisation de moyens de paiement simples et universels, dont le paiement par carte bancaire. L’objectif : limiter le recours contraint à certaines applications ou badges. De plus, les écarts entre les tarifs directs et ceux pratiqués via les opérateurs de mobilité doivent être plus visibles et directement comparables et le prix du kWh doit être généralisé. Enfin, l’association souhaite la mise en place d’un suivi national des prix.


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Source:

www.capital.fr

La Rédaction
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