La décarbonation est posée comme une exigence centrale pour répondre aux changements des aléas en milieu montagnard. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Vincent Koulinski, docteur ingénieur en géosciences, soutient que la réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue la seule trajectoire durable pour freiner l’évolution de ces risques, aujourd’hui façonnés par le changement climatique.
Le propos met l’accent sur le lien structurel entre réchauffement planétaire et transformations observées en altitude : recul des glaciers, fragilisation des pentes et modifications des régimes d’écoulement. Ces phénomènes reconfigurent la fréquence et la nature des risques naturels et rendent les repères historiques moins fiables pour la prévention et l’aménagement. Selon l’analyse, s’attaquer aux causes profondes du réchauffement est donc une condition pour stabiliser les tendances à long terme.
La prise en compte de la décarbonation se présente ainsi comme un complément nécessaire aux mesures locales déjà en place : surveillance, planification territoriale adaptée, et dispositifs d’alerte. Koulinski insiste sur l’idée que, sans réduction ambitieuse des émissions, les actions d’adaptation risquent d’être continuellement rattrapées par des évolutions climatiques plus rapides et profondes, ce qui complique la gestion des infrastructures et la protection des populations et des activités économiques en montagne.
L’enjeu dépasse le seul secteur environnemental : il touche la sécurité des territoires, la pérennité des ressources en eau et la résilience des économies locales, y compris le tourisme. Les conclusions présentées dans la tribune soulignent la nécessité d’intégrer la montagne dans les politiques nationales et internationales de transition énergétique, afin que la réduction des émissions devienne un levier effectif de réduction des risques et de préservation des territoires d’altitude.






