Le 9 avril dernier, le chef d’état-major français des Armées, le général Fabien Mandon, rappelait qu’une « guerre ouverte » avec la Russie dans trois ou quatre ans représentait un risque réel, dont il fallait prendre toute la mesure.
Il faut dire que le pays dirigé par Vladimir Poutine fait actuellement des efforts considérables pour augmenter la taille de son armée, avec des projections qui portent le nombre de soldats à 1,9 million d’ici quelques années contre 1,3 million aujourd’hui, et une arme blindée qui disposera de 7 000 chars lourds au lieu de 4 000 à la fin de la décennie. À quoi peut-on s’attendre ?
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Une menace tangible et persistante
En y regardant de plus près, cette guerre a déjà commencé. Dès le lendemain de l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine avait stoppé les livraisons de gaz dont dépendait l’Union européenne, dans le but de fragiliser la stabilité économique des États membres.
Depuis, la multiplication des cyberattaques et des campagnes de désinformation, les violations répétées de l’espace aérien des différents pays européens et les attaques récurrentes sur les infrastructures énergétiques ont créé les conditions d’un affrontement larvé, caractérisé par une menace tangible et persistante.

Doit‑on se préparer à une Troisième Guerre mondiale ?
De l’Ukraine à l’Iran, les conflits se multiplient sans être contenus. Ce n’est pas une Troisième Guerre mondiale qui se profile, mais une dynamique plus diffuse. Protégées par la dissuasion nucléaire, les puissances renouent avec la guerre de conquête sans en payer le prix stratégique immédiat. Mais, à mesure que les crises dans le monde s’additionnent, elles pourraient finir par former un conflit unique avec un risque d’enchaînement… potentiellement incontrôlable…. Lire la suite
Dès lors, il ne faudrait pas grand-chose pour passer à l’étape supérieure, c’est-à-dire une guerre de haute intensité sur le sol européen.
Selon les scénarios de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), un affrontement de ce type pourrait être déclenché par une attaque russe, même limitée, contre un État membre, surtout sur le flanc est : un incident militaire qui dégénère par erreur, comme une frappe balistique qui touche un pays frontalier de l’Ukraine, ou une attaque hybride majeure mettant définitivement hors service des infrastructures critiques.
La Russie considère que la France est son principal adversaire en Europe. © Le Monde, YouTube
Mobiliser la défense européenne
En cas d’affrontement avec la Russie, la France pourrait, au maximum de ses capacités, mobiliser 150 000 soldats d’active, 30 000 réservistes et 600 chars. En matière de puissance de feu, nous accusons un retard considérable, pour ne pas dire abyssal.
Il n’en est pas de même si nous coopérons avec nos alliés continentaux. Les principales structures dont nous disposerions alors sont le Comité militaire de l’Union européenne et l’état-major de l’Union européenne.

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Au total, et selon les chiffres disponibles, les 27 États membres pourraient mobiliser 1 400 000 soldats d’active, 8 000 chars, 123 navires de guerre principaux et 1 889 avions de combat. C’est davantage que les États-Unis, mais aussi davantage que la Russie, en tout cas pour le moment.
À cela, il faudrait encore ajouter l’hypothétique soutien de notre allié américain, qui pourrait déployer jusqu’à 300 000 soldats.
Dans un monde de plus en plus dangereux et instable, la cohésion militaire européenne est devenue une nécessité, d’autant que la Russie n’est peut-être pas le seul problème auquel nous allons devoir faire face.
La possibilité d’une Troisième Guerre mondiale
Un cran plus loin, ce qui s’est passé récemment dans le Golfe devrait mettre en alerte tous les états-majors du monde. Pour la première fois, la Chine a participé à un conflit initié par les États-Unis en apportant un soutien logistique et technologique de grande ampleur au régime des Mollah, sans chercher à s’en cacher.

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Pékin ne fait plus aucun effort pour dissimuler ses ambitions impérialistes ; la puissance de son armée est désormais équivalente, voire même supérieure, à celle des Américains, de l’aveu même de ces derniers.
Le retour contraint et forcé de Taiwan, premier producteur mondial de semi-conducteurs, dans le giron de la République populaire de Chine, initialement programmé en 2035, mais récemment avancé en 2027, pourrait être l’étincelle qui déclenche une guerre à très grande échelle, comme l’ont été en leur temps l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et l’invasion de la Pologne.
Toutes les conditions sont réunies pour qu’un tel scénario puisse se produire. Le multilatéralisme, qui prévalait jusqu’ici, est désormais en lambeaux. Le droit international est foulé aux pieds par les puissances qui en défendent la légitimité, le recours à la force est totalement désinhibé, et la multiplication des conflits régionaux, que ce soit en Iran, en Ukraine, à Gaza, en Afrique ou en Asie, fait courir le risque de leur extension. La France et l’Europe doivent être préparées à cette possibilité.
Source:
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