Parce qu’avec un immense chagrin elle quitte la maison Grasset, qu’elle « considérai[t] comme [s]ienne malgré [s]on arrivée relativement récente », la discussion avec Hélène Gestern commence sur des charbons ardents, dans des larmes à peine contenues. « Je ne peux accepter le traitement indigne réservé à Olivier Nora [PDG de Grasset, limogé le 14 avril], avec qui j’ai préparé Atelier 4, dit-elle au “Monde des livres”. Au-delà du choc humain que représente son départ, comment accepter d’inscrire mon nom dans un catalogue aussi grossièrement, aussi brutalement transformé en outil politique ? Ce qui fait la beauté, le sens de l’écriture, c’est la liberté qu’elle autorise. Il faut parfois accepter d’en payer le prix. »
Pour elle, enseignante-chercheuse en lettres à l’université de Lorraine, à Nancy, rattachée à un laboratoire spécialisé dans l’étude du lexique, et qui s’intéresse à l’autobiographie, à la correspondance, comme pour ses personnages, archivistes, conservateurs ou historiens qui travaillent sur les traces et les faits, tout est question d’authenticité. De vérité sans fard à débusquer.
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Source:
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