Un mystérieux foyer mortel en pleine croisière alerte les autorités sanitaires. A bord d’un navire de croisière dans l’Atlantique, reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert, plusieurs cas de maladie respiratoire aiguë sévère ont été signalés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces infections pourraient être liées à un hantavirus. Trois personnes sont décédées et une quatrième a été placée en soins intensifs. Des investigations sont en cours pour déterminer l’origine exacte du foyer, rapporte BFM.
Les hantavirus regroupent une famille de virus présents sur tous les continents. Leur nom provient de la rivière Hantaan, en Asie, où ils ont été identifiés pour la première fois. Ils sont principalement transmis à l’homme par des rongeurs infectés, comme les souris ou les rats. Ces virus peuvent provoquer des formes très variées, allant de symptômes bénins à des atteintes graves. Parmi les complications possibles figurent des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques. En l’absence de traitement spécifique ou de vaccin, la prise en charge repose uniquement sur le traitement des symptômes.
Une transmission liée aux rongeurs
La contamination humaine survient le plus souvent par contact indirect avec des rongeurs porteurs du virus. Le risque apparaît notamment lors de l’inhalation de particules contaminées. Comme le précise le site de l’Agence nationale de santé publique France : «La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections, salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs».
Dans de très rares cas, une transmission entre humains peut exister. Comme le souligne l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), «un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre». Les premiers signes d’une infection à hantavirus ressemblent souvent à ceux d’un syndrome grippal : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires. Mais l’évolution peut être rapide et sévère. Deux formes principales sont observées : le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), présent sur le continent américain ; la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), plus fréquente en Europe et en Asie.
Des atteintes sévères et un risque de décès élevé
Les formes pulmonaires peuvent entraîner des complications graves, comme un œdème pulmonaire ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), environ 38% des patients développant ces symptômes peuvent en mourir. Chaque année, environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus sont recensés sur le continent américain, d’après les autorités sanitaires canadiennes. En Europe et en Asie, certaines formes peuvent provoquer des atteintes rénales sévères, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 15% selon les virus.
Source:
www.capital.fr




