AccueilAnalyses & EnquêtesWashington allège les sanctions sur le secteur bancaire vénézuélien

Washington allège les sanctions sur le secteur bancaire vénézuélien

Trois mois après le raid américain qui a permis l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas, les États-Unis viennent de lancer une bouée de sauvetage à sa successeur, Delcy Rodríguez. Mardi 14 avril, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du ministère du Trésor américain a suspendu les sanctions pesant sur les principales institutions bancaires du Venezuela : la Banque centrale (BCV), la Banque du Venezuela, la Banque numérique des travailleurs et la banque du Trésor, ainsi que sur toute entité dans laquelle elles détiendraient une participation directe ou indirecte de 50 % ou plus.

La présidente par intérim fait face actuellement à la grogne de la population, qui exige une amélioration de ses conditions de vie, alors que la promesse d’un renouveau peine à se concrétiser.

Malgré l’ouverture du secteur minier et pétrolier aux investisseurs étrangers, les retombées économiques ne parviennent toujours pas aux Vénézuéliens. L’inflation pourrait atteindre 400 % en 2026, selon le FMI, cité par le média Valora Analitik. La population manifeste pour exiger une augmentation du salaire minimum et des retraites, ainsi que des élections : une demande rejetée par le pouvoir, qui commence à vaciller.

Le département d’État américain avait annoncé en mars le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 2019, et la reprise des opérations de leur ambassade au Venezuela.

Réintégrer le système financier mondial

Concrètement, la suspension des sanctions “permettra à la BCV et aux autres établissements financiers d’effectuer des opérations en dollars américains, de percevoir des recettes provenant des ventes de pétrole et de réintégrer le système financier mondial”, explique le média indépendant Tal Cual.

D’après El País América, cela faisait des jours que les acteurs financiers alertaient “sur l’urgence de lever ces sanctions afin que les centaines de millions de dollars engendrés par la vente croissante de pétrole aux États-Unis puissent parvenir dans les poches des Vénézuéliens”. La rapidité de la décision montre l’intention évidente de Washington : “donner un nouveau souffle au mandat de Rodríguez” et permettre aux profits issus de la vente du pétrole de payer les factures dans un pays exsangue, écrit la version latino-américaine du média espagnol.

Mais les journaux d’opposition restent sceptiques sur ce deal “gagnant-gagnant”. El Nacional se demande par exemple “combien de temps cela peut durer” sans véritable ouverture démocratique.


Source:

www.courrierinternational.com

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