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Tchernobyl : 40 ans après, ces dossiers secrets de la Stasi montrent l’ampleur du mensonge

La Stasi. Ce nom vous dit quelque chose ? C’est celui de la police secrète qui a officié en Allemagne de l’Est pendant 40 ans. Ses archives renferment des dossiers sur des millions de personnes. Et des informations précieuses et inattendues sur l’accident nucléaire de Tchernobyl.


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Déroulement de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl


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Rappelez-vous, c’était le 26 avril 1986. Une procédure de routine tourne mal et le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire soviétique explose, libérant une quantité de matières radioactives des centaines de fois supérieures à celles de la bombe atomique larguée sur Hiroshima.

40 ans après Tchernobyl : que cachaient-ils ? © Binghamton University

Des liens de connivence entre Stasi et KGB

Le lien avec la Stasi ? Des communications autrefois classées top secret entre les services de renseignement est-allemands et le KGB. Parmi les rares sources accessibles aujourd’hui permettant d’y voir plus clair sur ce qui s’est réellement passé à Tchernobyl.

Ce que révèlent ces documents, ce n’est pas seulement l’ampleur de la catastrophe nucléaire. C’est une mécanique de désinformation à grande échelle.

Les archives de la Stasi sont glaçantes. Niveaux de radiation, bétail contaminé, récoltes endommagées, hospitalisations, victimes… Les chiffres dont disposaient les plus hauts responsables de l’Allemagne de l’Est et de l’Union soviétique sont sans équivoque : l’explosion a été dévastatrice.

La réputation du pays avant tout

Mais, à cette époque, tout ce qui compte, c’est préserver l’image du régime. Alors le mensonge s’organise. « Tout est sous contrôle », martèlent les autorités. Les documents classifiés racontent une autre histoire.

Lors d’une réunion du Politburo, Gorbatchev, alors dirigeant de l’Union soviétique, déclare : « Lorsque nous informerons le public, nous devrions dire que la centrale était en rénovation à ce moment-là afin de ne pas ternir l’image de nos réacteurs ».

Dans les rapports de la Stasi, on retrouve aussi des consignes claires : rassurer à tout prix. Affirmer partout dans le bloc de l’Est qu’il n’y a « absolument aucun danger ». Vraiment ?

La population, qui capte aussi des informations venant de l’Ouest, doute. À moins que ces informations ne soient qu’une tentative de dénigrement de l’Union soviétique… La propagande atteint son objectif : semer la confusion.

Le mensonge de trop

L’autre préoccupation est économique. En Allemagne de l’Est, la population a vent de l’existence de retombées radioactives sur une grande partie de l’Europe. Elle devient méfiante envers la production agricole locale. La consommation de fruits, de légumes et de lait chute. Que faire alors des excédents ? Les exporter !

Des chiens au pelage bleuté ont été observés dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, en Ukraine. © Clean Futures Fund

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planete

Des chiens bleus errent dans la zone de Tchernobyl : que se passe-t-il vraiment ?


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Dans les documents classifiés, des responsables de la Stasi avancent que cela permettrait de diluer le risque et donc, de limiter les expositions dangereuses. Mais la méfiance gagne aussi l’Allemagne de l’Ouest. Très vite, les autorités empêchent les véhicules trop contaminés de franchir la frontière.

Voilà comment les agents de la Stasi sont contraints de nettoyer eux-mêmes ces véhicules, au péril de leur santé.

Une situation hors de contrôle

Les dirigeants viennent peut-être de commettre l’erreur de trop. En 1950, la plupart des employés de la toute nouvelle Stasi avaient été marqués par les horreurs du nazisme. Ils pensaient sincèrement contribuer à bâtir une société plus juste.

Mais dans les années 1980, la confiance s’érode.

Lorsque, en 1990, quelques mois après la chute du mur de Berlin, des manifestants prennent d’assaut le siège de la police secrète, ils rencontrent peu de résistance. La gestion de l’après-Tchernobyl a laissé des traces. Un exemple parmi d’autres de la rupture entre l’État et ceux qui le servaient.

En Allemagne de l’Est, la désinformation autour de la catastrophe nucléaire renforce une idée qui plane : celle d’un État prêt à tout pour préserver son image. Y compris à sacrifier la santé de sa population.


Source:

www.futura-sciences.com

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