C’est l’un des points clés des négociations entre les États-Unis et l’Iran : “le sort de l’uranium enrichi, un matériau essentiel tant pour l’énergie nucléaire que les armes”, assure Ynet, déclinaison anglophone du journal israélien de droite libérale Yediot Aharonot. Un état de fait partagé par la BBC sur son fil d’actualité en continu. Le média public britannique prend soin de distinguer “l’enrichissement nucléaire” global de l’Iran et “l’uranium hautement enrichi toujours entreposé dans des tunnels sous les montagnes d’Ispahan [dans le centre du pays], où les États-Unis ont bombardé [en juin 2025]”.
Il est fort probable que la question de l’uranium soit abordée dans les moindres détails au Pakistan, où le président des États-Unis, Donald Trump, envoie une délégation américaine pour négocier avec l’Iran, lundi 20 avril. En parallèle à cette annonce, note le journal progressiste The New York Times sur son site, dimanche, “[Trump] a réitéré ses menaces de frapper les infrastructures civiles iraniennes en cas d’échec des pourparlers”.
Reprise des pourparlers à Islamabad
Le vice-président américain, J. D. Vance, de même que Steve Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, et Jared Kushner, le gendre de Trump, seront du voyage à Islamabad, confirme le New York Times. Witkoff et Kushner “avaient mené les négociations avant le déclenchement de la guerre avec l’Iran”, survenue le 28 février dernier, “et ils avaient rejoint […] J. D. Vance la semaine dernière au Pakistan pour une réunion marathon qui n’avait finalement pas permis de mettre un terme définitif au conflit”, alors qu’un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, rappelle le quotidien de la côte est américaine.
Vendredi 17 avril, remet la version anglophone d’Al-Jazeera, chaîne de télévision qatarie, Donald Trump déclarait que “les États-Unis et l’Iran allaient conjointement extraire de l’uranium enfoui sous les décombres des sites nucléaires bombardés, puis le transférer aux États-Unis”, tout en affirmant que “l’Iran avait accepté de cesser l’enrichissement de l’uranium sur son sol”. Avant les frappes américaines en juin, l’Iran disposait, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), d’environ 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %. Selon diverses estimations, l’Iran dispose aussi d’environ 1 000 kilos d’uranium enrichi à 20 %.
“Il a également déclaré que le détroit d’Ormuz avait été rouvert et qu’il ne serait plus jamais refermé” − une déclaration très vite contredite par les soubresauts survenus sur place le week-end des 18 et 19 avril −, détaille Al-Jazeera. Le président américain avait ajouté, ce même 17 avril, que “l’Iran ne récupérerait pas ses milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger en raison des sanctions américaines, et que le cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban n’avait aucun lien avec l’Iran”.
L’entremise de la Chine ?
En retour, rapporte le média qatari, “plusieurs hauts responsables, actuels et anciens, ainsi que les médias officiels et les plus fervents partisans de la République islamique ont exprimé leur colère, leur frustration et leur confusion” face à cette série d’affirmations du leader américain.
Dans cette partie de poker menteur diplomatique, la Chine, “principal partenaire commercial de l’Iran”, peut offrir une porte de sortie à Washington et Téhéran, souligne le magazine new-yorkais Newsweek.
Le média reprend une information obtenue par l’agence américaine Associated Press auprès d’un diplomate proche de Pékin et selon laquelle le géant asiatique est “disposé à prendre en charge ou à réduire le niveau d’enrichissement de l’uranium dans le cadre d’un éventuel accord visant à mettre fin à la guerre”.
Reste à savoir si Pékin “finira par intervenir” sur ce sujet, “ou s’il utilise cette option comme un levier diplomatique”, avant le voyage de Donald Trump à Pékin les 14 et 15 mai, tempère Newsweek.
Source:
www.courrierinternational.com




