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Bolides : quelque chose d’inhabituel s’est produit dans le ciel en mars, et personne n’a encore d’explication

Avez-vous déjà eu la chance de voir un bolide filer dans le ciel ? Je ne parle pas d’une simple étoile filante. Non. Vraiment d’une boule de feu et de sa traînée lumineuse. Un fragment d’astéroïde plus gros que ceux qui sont à l’origine des étoiles filantes et offrent un spectacle inoubliable à ceux qui ont les yeux tournés vers le ciel au moment où il entre dans l’atmosphère.

En ce mois de mars 2026, les observations de bolides se sont multipliées. Plus de 3 000 témoins pour celui qui a tracé une ligne de feu de 300 kilomètres au-dessus du nord-est de la France et de quelques pays voisins. Un fragment aurait creusé un trou de la taille d’un ballon de foot dans le toit d’une maison en Allemagne.

Il y a aussi eu celui vu en plein jour dans le ciel de l’Ohio (États-Unis). Il a produit une explosion de l’équivalent de 250 tonnes de TNT. C’était le 17 mars dernier.

D’autres signalements sont arrivés du Texas, de la Californie, du Michigan, de la Géorgie, du Canada.

Se passait-il quelque chose d’étrange ? La question s’est forcément posée.

Une saison des bolides est-elle en train de s’ouvrir ?

Pour la Nasa, rien d’exceptionnel, en réalité. « De février à avril, la fréquence d’apparition de ces météores très brillants peut augmenter de 10 à 30 %, surtout aux alentours de l’équinoxe de mars. »

Pourquoi ? Personne ne le sait vraiment. Peut-être parce que la Terre croise la route de davantage de gros débris en cette période de l’année, au cours de laquelle n’est pourtant pas signalée de pluie d’étoiles filantes majeure.


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La réalité, c’est que des bolides filent dans l’atmosphère de notre Planète chaque nuit. Ces boules de feu apparaissent toutefois le plus souvent au-dessus des océans ou de zones inhabitées ou encore en plein jour.

Alors, cette augmentation des observations de bolides pourrait-elle n’être autre… qu’une augmentation des observations ? La Nasa avance en effet que de plus en plus d’appareils photo embarqués ou de caméras de surveillance rendent aujourd’hui plus facile l’observation de boules de feu.

Un nombre inhabituel de bolides

Pour Mike Hankey, interrogé par SpaceWeather.com, la réponse est claire. En ce mois de mars 2026, « la proportion de gros bolides – parmi toutes les observations rapportées – a explosé. » Il est le responsable du système de signalement des bolides de l’American Meteor Society (AMS) depuis près de 15 ans et il rapporte qu’au premier trimestre 2026, le nombre de boules de feu signalé a doublé par rapport à la moyenne historique.

Durant le seul mois de mars, l’AMS a enregistré plus de 8 000 signalements venant du monde entier. Parmi eux, 12 bolides vus par plus de 100 personnes, une marque de leur caractère exceptionnel. En février, il n’y en avait eu qu’environ 2 500 signalements et 3 boules de feu marquantes !

« Le nombre de bolides signalés ». C’est peut-être là qu’il fallait chercher. Mais une fois de plus, la réponse est non. Même si l’intelligence artificielle (IA) peut désormais expliquer à n’importe qui comment signaler l’observation d’une boule de feu, le schéma des signalements récents ne cadre pas. L’augmentation a été rapide début mars, puis les signalements se sont arrêtés tout aussi vite début avril. L’hypothèse d’un simple effet d’IA paraît fragile.

Des explosions entendues partout et des météorites plus nombreuses

Deux autres données ne peuvent pas non plus être artificiellement gonflées ainsi. D’abord, les bruits d’explosion rapportés par les témoins. Lorsqu’un objet plus gros ou plus dense qu’une banale étoile filante s’enfonce dans notre atmosphère, une onde de choc se propage et produit un bang.

En ce début d’année 2026, les témoins ont rapporté plus de bruits d’explosion que jamais. Dans 80 % des cas de gros bolides signalés, ceux qui ont fait l’objet de plus de 50 signalements.

Surprise aussi du côté des météorites, en d’autres mots, des fragments de ces bolides qui ont pu être retrouvés au sol.

Comment reconnaître une météorite ? Ici, un fragment de la météorite Esquel. Il s'agit d'une pallasite trouvée en 1951 dans la province de Chubut, en Argentine. © Doug Bowman, Wikimedia Commons, CC by 2.0

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On en retrouve généralement une dizaine par an dans le monde. En ce mois de mars, trois ont pu être récupérés en moins de dix jours.

asteroides danger terre
Évaluer la menace que représentent les astéroïdes et autres objets géocroiseurs (NEO) qui s’approchent de notre Terre est complexe. Des scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) s’y attèlent. À ce jour, aucun objet connu ne justifie d’inquiétude. (chiffres juin 2024). © ESA

Le mystère reste entier

« Quelque chose d’inhabituel s’est donc bien produit », selon Mike Hankey. Dans l’espoir de comprendre quoi, il a creusé dans les données. Et ce qu’il a découvert est troublant. Il y avait non pas une, mais deux sources pour ces bolides signalés au mois de mars 2026. Certains provenaient de la zone opposée au Soleil et d’autres tombaient sur la Terre depuis le plan planétaire. Deux directions d’arrivées très différentes, donc.

Quelques souvenirs du passage de la comète interstellaire 3I/Atlas ? Toujours pas. L’analyse des météorites ramassées depuis est formelle. Elles ne venaient pas d’au-delà de notre Système solaire.


Le saviez-vous ?

À partir de millions d’observations de météores – pas seulement des bolides –, des astronomes ont récemment mis au jour une activité jusqu’alors inconnue. Ils évoquent 282 évènements attribuables à la désintégration d’un astéroïde caché dont l’orbite plonge jusqu’à près de cinq fois plus près du Soleil que notre Terre. Une preuve que les observations de mars 2026 pourraient être liées à un objet encore jamais signalé jusqu’ici ?

Parmi les hypothèses qui restent sur la table, une variabilité naturelle encore non identifiée, un regroupement temporaire de débris ou une caractéristique de l’environnement proche de la Terre qui aurait jusqu’ici échappé aux scientifiques.

Une météorite de grande taille fonçant vers la Terre. Image d'illustration © Karine Durand, image Bing

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Le phénomène se répètera-t-il en mars 2027 ? C’est la question qui se pose désormais. En attendant d’avoir la réponse, inutile de s’inquiéter outre mesure. Ces boules de feu ne constituent généralement pas une menace pour notre société.


Source:

www.futura-sciences.com

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