À Taza, une jeune femme prénommée Imane a été agressée en pleine rue par son ex-mari. L’attaque, perpétrée à l’arme blanche, lui a causé des blessures graves : des coupures profondes au visage, une main transpercée et plusieurs plaies nécessitant une intervention médicale urgente. La victime a été hospitalisée et reste en situation de grande fragilité.
Selon les informations recueillies, l’histoire d’Imane remonte à plusieurs années. Encore adolescente, elle avait subi un viol qui a conduit à une grossesse. Sous la pression sociale et familiale, elle a été contrainte d’épouser son agresseur, dans le but de « sauver l’honneur ». Ce mariage forcé, présenté comme une solution, s’est transformé en une succession de violences physiques et psychologiques. Après plusieurs années de maltraitances, Imane a obtenu le divorce. Mais loin de mettre fin à son calvaire, cette séparation a marqué le début d’un harcèlement et d’agressions répétées.
L’agression de septembre 2025 est l’épisode le plus violent de ce cycle. L’attaque a choqué les habitants de Taza, où de nombreux témoignages dénoncent l’absence de protection efficace pour les victimes de violences. Des associations locales ont publié un communiqué appelant les autorités à assurer une prise en charge immédiate d’Imane, aussi bien sur le plan médical que psychologique et juridique. Plusieurs voix demandent également la mise à disposition de fonds pour financer ses soins, la victime vivant dans une situation de grande précarité.
Ce drame intervient dans un contexte national marqué par des chiffres alarmants. D’après le Haut-Commissariat au Plan, 54 % des Marocaines âgées de 15 à 74 ans ont déclaré avoir subi une forme de violence en 2019. La violence conjugale reste la plus répandue, touchant près de 52 % des cas recensés. Malgré cela, seules 10 % des victimes déposent une plainte officielle, la majorité craignant le rejet social, l’inefficacité des procédures ou le manque de soutien.
Face à cette réalité, le Maroc a adopté en 2018 la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes. Le texte introduit de nouvelles infractions, comme le harcèlement dans l’espace public, et prévoit des sanctions contre les auteurs de violences. Il instaure aussi des mécanismes de protection, tels que l’éloignement de l’agresseur. Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits des femmes, dont l’Union de l’action féminine et l’association INSAF, estiment que l’application reste très limitée. Elles soulignent le manque de structures d’accueil, l’absence de formation spécifique pour les forces de l’ordre, et la difficulté d’accès à la justice pour les femmes issues de milieux défavorisés.
L’affaire d’Imane relance ainsi le débat sur l’efficacité de ces dispositifs et sur la nécessité de renforcer la protection des victimes. Les associations rappellent que dans des situations similaires, des femmes ont perdu la vie faute de mesures rapides de protection. Elles plaident pour la création de centres pluridisciplinaires dans chaque région, capables d’assurer un accompagnement médical, psychologique, social et juridique.
À Taza, l’émotion reste vive. La victime, marquée physiquement et psychologiquement, a lancé un appel à l’aide pour financer ses soins. Les habitants, les associations et plusieurs acteurs locaux insistent sur l’urgence de sa prise en charge et sur la nécessité d’appliquer rigoureusement la loi contre son agresseur.
Ce drame, loin d’être un cas isolé, illustre les difficultés persistantes au Maroc dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Les chiffres, les témoignages et les appels répétés de la société civile rappellent l’ampleur du problème et la nécessité de renforcer la prévention, la protection et l’accès à la justice.




