Une fabrique de saké à 400 kilomètres d’altitude. Le 28 avril, la maison japonaise Dassai a annoncé avoir réussi à brasser cet alcool à base de riz à partir d’une pâte fermentée dans la Station spatiale internationale (ISS). Embouteillé, ce saké spatial a été vendu au prix de 100 millions de yens (environ 600 000 euros), rapporte le quotidien japonais Asahi Shimbun le 4 mai. “Le degré d’alcool de la pâte fermentée dans l’ISS [composée de riz, d’eau et de levures] a atteint 12 % […]. La vitesse à laquelle la fermentation avançait était toutefois plus lente, suggérant potentiellement un effet de la gravité”, note le journal.
Il s’agit de la première étape d’un projet à long terme de l’entreprise, qui vise, dans l’optique d’une colonisation humaine de la Lune, à y construire une fabrique de saké d’ici à 2050. Pour ce faire, Dassai a embarqué dans cette aventure la firme nippone Mitsubishi Heavy Industries et l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise, Jaxa. En octobre dernier, l’entreprise a envoyé les ingrédients du saké et la machine nécessaire à la fermentation dans l’ISS.
Gravité lunaire
Le moût – ou moromi – de 260 grammes a été fermenté au sein du module japonais Kibo de la Station spatiale internationale, dans des conditions simulant la gravité lunaire. Ce mélange a ensuite été ramené sur Terre, en mars, et les scientifiques comme les professionnels du secteur attendaient depuis avec impatience de voir ce qu’il en adviendrait. D’après le journal Yomiuri Shimbun, qui cite le communiqué de Dassai, l’entreprise a finalement pu en extraire 116 millilitres de saké. La bouteille vendue contenait 100 millilitres de cet alcool.
Quant à l’acquéreur de la précieuse boisson, l’entreprise n’a pas divulgué d’informations sur son profil en dehors de sa nationalité, japonaise. La somme qu’il a déboursée servira à financer des projets de développement spatial, précise le Yomiuri Shimbun.
Au-delà du montant de la vente, largement médiatisé, cette expérience soulève une question scientifique : comment les bactéries nécessaires à la fermentation réagissent-elles dans un environnement soumis à une faible gravité et exposé au rayonnement cosmique ? Pour y répondre, les scientifiques de la Jaxa se sont déjà attelés à l’analyse du marc du saké, relève l’Asahi Shimbun.
Source:
www.courrierinternational.com




