AccueilPolitiquePouvoir d’achat : pourquoi le Smic a de fortes chances...

Pouvoir d’achat : pourquoi le Smic a de fortes chances d’augmenter d’au moins 2 % en juin

Ce n’était plus arrivé depuis le printemps 2023. Le Smic est bien parti pour être revalorisé en cours d’année, cinq mois après la hausse automatique du 1er janvier. Cette augmentation pourrait intervenir en raison de la remontée de l’inflation en avril, mesurée par l’Insee. L’évolution des prix à la consommation sur un an a été de 2,2 % selon une estimation communiquée la semaine dernière par l’institut statistique.

Or, selon le Code du Travail, dès que cet indice augmente de plus de 2 %, le Smic doit être relevé d’autant. Il faudra néanmoins attendre les chiffres définitifs de l’inflation d’avril, au moment de la publication de la prochaine note de conjoncture. Interrogé le 30 avril sur RTL, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait souligné cette possibilité. « Si ce chiffre se confirme le 13 mai, on aura au 1er juin une augmentation du Smic d’au moins 2 % », avait-il indiqué. Et de poursuivre : « Cela veut dire que les faibles rémunérations sont protégées contre la hausse de l’inflation. » En revanche, il n’y aura pas de «coup de pouce» pour le Smic en plus de la probable augmentation automatique.

Un gain potentiel de 36 euros mensuels pour les salariés rémunérés au salaire minimum

En janvier, le Smic brut horaire avait été porté à 12,02 euros (hausse de 1,18 %), soit 1823,03 euros pour un temps plein (35 heures hebdomadaires) pour un mois. Une hausse d’au moins 2 % porterait le salaire horaire minimum brut à 12,26 euros, et son niveau mensuel à 1859,49 euros, soit une progression de 36,46 euros.

La dernière fois qu’une actualisation du Smic s’était produite en cours d’année remonte au 1er mai 2023. La vigueur de l’inflation à l’époque avait conduit l’exécutif à rehausser automatiquement le salaire minimum de 2,22 %.

Rappelons que le salaire minimum sert de référence pour le calcul de plusieurs allocations ou prestations sociales (prime d’activité notamment), d’indemnités (de stage ou d’apprentissage) ou de plafonds de ressources, utilisés pour fixer des plafonds d’éligibilité à certaines aides sociales, ou encore les seuils d’exonérations de cotisations sociales.

Des conséquences financières potentiellement fortes sur le financement de la Sécurité sociale

Si la hausse du Smic va permettre de protéger en partie le pouvoir d’achat, elle risque d’alourdir en parallèle le coût des politiques d’exonérations pour la Sécurité sociale, si le salaire minimum augmente plus vite que le salaire moyen. Les allègements généraux de cotisation, instaurer pour doper la création d’emplois, se concentrent massivement au niveau du Smic.

En septembre 2025, le rapport sur le financement de la Sécurité sociale des sénatrices Élisabeth Doineau (Union centriste) et Raymonde Poncet Monge (écologiste) relevait que les « fortes revalorisations du Smic », de ces dernières années, avaient conduit à « augmenter les allégements généraux plus rapidement que la masse salariale ». Le coût des allégements généraux de cotisations patronales est passé de 50 milliards d’euros en 2020 à 65 milliards d’euros en 2023. Pour cette année, le manque à gagner pour les comptes sociaux pourrait représenter une somme de l’ordre du milliard et demi d’euros. La mécanique est la suivante : de nombreux salariés supplémentaires se font rattraper par le niveau du Smic, revalorisé du fait de l’inflation, d’où cette hausse tendancielle.

Selon le dernier rapport du groupe d’experts sur le Smic, au 1er janvier 2023 près de 17,3 % des salariés étaient concernés par la revalorisation du Smic, alors qu’ils n’étaient que 12 % début 2021. Les négociations annuelles dans les entreprises et les branches interviendront avec un décalage. Les prochains mois pourraient être marqués par le retour du débat sur la smicardisation et les phénomènes de trappes à bas salaires.


Source:

www.publicsenat.fr

Annonce publicitairespot_img

Dernières nouvelles

Métro, vélo, marche: la bataille silencieuse des mobilités parisiennes

Les déplacements à Paris reposent sur une coexistence de modes de transport qui évoluent en fonction des politiques urbaines,...

Commerces de quartier: survivre dans la ville chère

Les commerces de proximité occupent une place importante dans la vie urbaine, en particulier dans les grandes villes où...

Petites salles, grandes ambitions: la culture parisienne hors projecteurs

À côté des grandes institutions et des événements largement médiatisés, la vie culturelle parisienne s’appuie sur un réseau dense...

Vous pouvez maintenant déposer du cash dans un bar-tabac pour recharger votre Orange Money

Orange Money est le service de paiement sur mobile de l'opérateur historique français, qui permet d'envoyer de l'argent depuis...
Annonce publicitairespot_img

Manchester United

Manchester United: "Parfois j'ai envie de démissionner, parfois de rester 20 ans", la sortie cash d’Amorim après l'humiliation en...

Métro, vélo, marche: la bataille silencieuse des mobilités parisiennes

Les déplacements à Paris reposent sur une coexistence de...

Commerces de quartier: survivre dans la ville chère

Les commerces de proximité occupent une place importante dans...
Annonce publicitairespot_imgspot_img