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Face à la hausse des taux de la BCE, les crédits immobiliers vont-ils flamber cet été ?

Pour la première fois depuis septembre 2023, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs de 0,25 point. Cette décision intervient dans un contexte d’inflation ravivée en zone euro, portée à 3,2 % en mai, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de hausse des prix de l’énergie. De quoi faire craindre un nouveau tour de vis pour les emprunteurs immobiliers, déjà éprouvés par deux années de remontée des taux.

Pourtant, les banques ne semblent pas prêtes à fermer le robinet du crédit. En ce mois de juin, elles affichent encore des barèmes stables et des politiques commerciales offensives pour capter les bons dossiers avant la trêve estivale. Les véritables effets de la décision de Francfort devraient surtout se lire sur les barèmes de juillet, qui donneront le ton du second semestre pour la capacité d’emprunt des ménages.

Des banques encore offensives malgré la remontée des taux

En dépit du geste de la BCE, les établissements ne se précipitent pas pour relever leurs barèmes. « Les banques devraient limiter les répercussions de la hausse des taux de la BCE car en ce mois de juin, elles conservent une politique commerciale offensive pour capter des emprunteurs avant la trêve estivale, avec des taux moyens stables à 3,30 % sur 15 ans et 3,5 % sur 20 ans en juin », observe Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

Cette stratégie s’explique aussi par « une production de crédits encore poussive depuis le printemps, qui les incite à rester attractives plutôt qu’à durcir leurs barèmes dans la précipitation ». Autrement dit, la priorité des banques reste de financer les profils solides pour rattraper le retard accumulé depuis le début de l’année, plutôt que de répercuter immédiatement la hausse des taux directeurs. « La hausse des taux de la BCE ne devrait donc pas se traduire par un choc immédiat sur les taux proposés aux particuliers », rassure Julie Bachet.

Juillet, mois test pour les barèmes et la capacité d’emprunt

La véritable question est celle de la suite du mouvement initié par la BCE. « L’ampleur de la répercussion sur les barèmes de crédit dépendra avant tout des prochaines décisions de la BCE : s’il ne s’agit que d’un geste isolé, l’impact restera limité, mais un cycle de hausses plus marqué pèserait davantage sur la capacité d’emprunt des ménages », prévient Julie Bachet. Les barèmes de juillet seront donc scrutés de près. Ils diront si les banques se contentent d’ajustements symboliques ou si un mouvement plus net se dessine pour le second semestre.

Pour l’instant, plusieurs signaux jouent plutôt en faveur d’un scénario de hausse contenue. « Les signaux sont plutôt encourageants : l’OAT 10 ans s’est détendu à 3,60 % et la perspective d’un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis allège les tensions qui pesaient sur les marchés. Si cette dynamique se confirme, elle pourrait limiter à 0,10 %, voire éviter toute remontée sensible des taux de crédit dans les prochaines semaines », estime Julie Bachet. De quoi laisser un peu de répit aux candidats à l’accession avant la rentrée, même si la fenêtre de tir pourrait se refermer en cas de nouveau durcissement monétaire à l’automne.


Source:

www.capital.fr

La Rédaction
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