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Scandale de corruption en Ukraine : les révélations qui fragilisent Volodymyr Zelensky

Alors qu’une nouvelle vague d’enregistrements vient d’être divulguée par la presse ukrainienne dans le cadre d’un vaste scandale de corruption qui secoue le pays depuis une semaine, une interrogation prédomine : le président Volodymyr Zelensky était-il au courant ? Les 28 avril et 1er mai, des retranscriptions ont été rendues publiques par le média Ukrainska Pravda, ainsi que par les députés Yaroslav Zheleznyak et Oleksiy Honcharenko, en lien avec une enquête menée par le Bureau national anticorruption (NABU) portant sur un dispositif de corruption estimé à 100 millions de dollars, organisé autour du monopole nucléaire public Energoatom.

Les nouvelles retranscriptions de conversations présumées entre les personnes impliquées laissent entendre une possible implication du chef de l’État, qui pourrait entraîner des conséquences politiques pour Zelensky si son rôle venait à être établi, estiment plusieurs observateurs. À ce stade, le nom de Volodymyr Zelensky n’est pas mentionné explicitement dans ces nouveaux documents, mais ces révélations mettent en lumière le rôle de plusieurs personnalités réputées proches de lui, comme Timour Minditch, copropriétaire de Kvartal 95, la société de production du président, ainsi que l’ancien vice-premier ministre Oleksiy Tchernichov, lui aussi présenté comme un proche du chef de l’État – il fait d’ailleurs partie des rares membres du gouvernement invités à ses anniversaires.

Une maison pour « Vova »

Les journalistes à l’origine des révélations vont encore plus loin, avançant que le président ukrainien pourrait avoir tiré profit d’une partie des fonds détournés. Cette hypothèse s’appuie notamment sur un enregistrement retranscrit par Ukrainska Pravda, dans lequel Timour Minditch évoque un projet de construction de résidences de luxe, en pleine guerre, près de Kyiv. L’une d’elles aurait été destinée à Volodymyr Zelensky lui-même. D’après cette transcription, Minditch précise qu’une maison est réservée à « Vova », diminutif de Volodymyr et surnom employé par les intimes du président.

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Si fin mars le procureur général d’Ukraine a envoyé une demande d’extradition à Israël, où s’est réfugié Timour Minditch, afin qu’il puisse venir répondre de ses actes, le président Zelensky, lui, ne peut pas faire l’objet d’une enquête des autorités tant qu’il est en exercice. Mais ces révélations dans la presse lui valent toutefois de nombreuses critiques de la part de l’opposition, et il n’est pas impossible que le Parlement initie une procédure de destitution s’il est prouvé qu’il a commis des crimes.

Des précédents

Alors que le dirigeant ukrainien a annoncé la semaine dernière de nombreuses mesures très populaires, parmi lesquelles de fortes augmentations des salaires des soldats ou la possibilité d’être démobilisés, son collègue de la Commission de la sécurité nationale et de la défense, Roman Kostenko, en proposait une interprétation particulièrement critique. Selon lui, ces promesses constituent une « diversion » orchestrée par la présidence afin de détourner l’attention d’une affaire de corruption retentissante récemment relancée, affirmait-il ce week-end dans un entretien accordé à la radio privée ukrainienne NV.

Tout en se réjouissant du soutien accru aux défenseurs de l’Ukraine, l’élu d’opposition critiquait violemment la manœuvre : « C’est bien que l’on parle de changements, mais regrettable qu’on en parle précisément maintenant, car nous comprenons pourquoi […] Il a été décidé d’étouffer ces scandales de corruption. » Kostenko remarquait au passage qu' »alors qu’on nous disait ouvertement que [la démobilisation] était impossible en temps de guerre, des scandales surgissent et, soudain, tout devient possible. »

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Depuis le début de l’invasion russe, de nombreuses affaires similaires ont éclaboussé le pouvoir ukrainien, conduisant par exemple à la démission du vice-Premier ministre, Oleksiï Tchernychov, ou à l’arrestation de l’ex-ministre de l’Energie, Guerman Galouchtchenko, accusé de blanchiment d’argent. L’affaire Energoatom, elle, débute en novembre 2025, avec une série de 70 perquisitions qui a mis au jour un système à l’origine du détournement de 100 millions de dollars (environ 86 millions d’euros) dans le secteur énergétique.

Selon les services anticorruption, les sous-traitants de l’opérateur nucléaire public devaient verser des pots-de-vin pour ne pas perdre leur statut de fournisseur, tandis que Timour Minditch est soupçonné d’avoir influencé des décisions de hauts responsables gouvernementaux, comme l’ex-ministre de la Défense, Roustem Oumerov, aujourd’hui négociateur en chef ukrainien.


Source:

www.lexpress.fr

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