« Balanegra », de Marto Pariente, traduit de l’espagnol par Sébastien Rutés, Folio, « Policier », 240 p., 9,60 €.
« L’Argot de la Mafia », de Jean-François Gayraud, 1001 Nuits, 88 p., 5 €.
« Un privé à Babylone » (Dreaming of Babylon. A Private Eye Novel), de Richard Brautigan, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Chénetier, éd. Christian Bourgois, « Satellites », 256 p., 10 €.
Au fronton d’un polar espagnol ou latino-américain, la mention « traduction de Sébastien Rutés » fait toujours l’effet d’un coup de gong. On sait alors que la zone est notée Seveso et qu’il va falloir, main sur la crosse, dormir avec ses bottes. L’auteur de Mélancolie des corbeaux (classique du polar animalier, Actes Sud, 2011) ou de Mictlan (avec son inoubliable morgue roulante, Gallimard, 2019), exégète de l’écrivain mexicain Paco Ignacio Taibo II, ne se déplace jamais pour rien.
Dont acte avec Balanegra, deuxième roman de l’écrivain espagnol Marto Pariente, dont Rutés nous avait déjà offert La Sagesse de l’idiot (Gallimard, 2024), avec son flic rural neuneu, hématophobe et nanti d’une sœur ferrailleuse. Balanegra change la donne et substitue au benêt grandiose le bonhomme Coveiro, tout aussi inoubliable, un ancien tueur à gages ayant migré dans le trou perdu du titre pour s’y faire fossoyeur et s’occuper ainsi de Marco, son neveu autiste, croque-mort lui-même, qui a poussé la nécrophilie jusqu’à mémoriser tous les noms et dates gravés sur son cheptel de pierres tombales.
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Source:
www.lemonde.fr




