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À la Une de la presse ce mercredi 27 mai : l’intensification des opérations de l’armée israélienne au sud du Liban et la détresse de la population libanaise ; les réactions des pays à majorité musulmane à la proposition de Donald Trump de normaliser leurs relations avec Israël en échange d’un possible accord de paix avec l’Iran ; la multiplication des poursuites judiciaires, en France, contre des animateurs périscolaires accusés de violences sexuelles ; et une tempête dans un verre d’eau en Italie.
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À la Une de la presse, l’intensification des opérations de l’armée israélienne au sud du Liban, malgré le « cessez-le-feu ».
Le site d’info panarabe Middle East Eye fait état d’une « offensive terrestre » pour évoquer l’extension de ces opérations au-delà de la ligne jaune » établie en avril par Israël. D’après L’Orient-Le Jour, Benjamin Netanyahu « cherche à faire pression sur la rue chiite à un moment doublement symbolique », la fête, aujourd’hui, de l’Aïd al-Adha et la commémoration du retrait israélien de 2000. Le journal libanais francophone pense que le Premier ministre israélien tente de « profiter de l’irritation des Américains à l’égard du Hezbollah pour élargir sa marge de manœuvre, en espérant, peut-être, saboter un (éventuel) accord avec l’Iran ». Côté israélien, le Jerusalem Post rappelle que l’État hébreu « combat le Hezbollah depuis les années 80 » et exprime sa perplexité : « une année de frappes de précision en 2025 n’a pas anéanti le mouvement chiite, l’offensive de mars 2026 non plus. La question est de savoir comment stopper l’ennemi cette fois-ci ». Une question jugée sans réponse, tant « la stratégie politique globale reste floue » malgré des « résultats tactiques impressionnants ». Cette absence de perspective plonge les Libanais rencontrés par La Croix à Beyrouth « dans une forme d’épuisement mental, faite d’angoisse et d’incertitude ». Les équipes médicales et humanitaires disent, quant à elles, observer des « symptômes psychosomatiques » à-travers tout le pays, notamment parmi le million de personnes déplacées du sud du pays, en particulier chez les enfants, qui souffrent d’énurésie, de vertiges, de troubles du sommeil ou de crises de vomissements, provoquées par les survols des drones et les bombardements.
De son côté, la presse américaine revient sur la proposition de l’administration Trump aux pays à majorité musulmane de normaliser leurs relations avec Israël, en échange d’un possible accord de paix avec l’Iran. Cette tentative de marchandage a reçu une fin de non-recevoir, d’après Politico, qui affirme que la proposition d’intégrer les accords d’Abraham « est accueillie par les responsables de ces pays par des rires, du mépris et, souvent, par le silence ». Politico indique toutefois que certains pays du Golfe ne prennent pas la proposition « trop au sérieux et la perçoivent simplement comme une tentative de Trump d’apaiser les républicains les plus intransigeants, qui craignent qu’il ne fasse trop de concessions » à l’Iran. À Riyad, la position saoudienne n’a officiellement pas changé, ni sur la crise iranienne ni sur le conflit israélo-palestinien, mais The Washington Post estime que les récentes demandes du prince héritier à Donald Trump de ne pas reprendre les hostilités contre Téhéran « indiquent qu’il ne (lui) ne fait pas confiance pour mener à bien le projet d’élimination du nucléaire iranien » et que Mohammed ben Salmane cherche plutôt à « apaiser les relations avec l’Iran pour préserver ses acquis et ses projets » pharaoniques, la stabilité de la région étant la priorité des priorités.
En France, il est beaucoup question du procès d’un ex-animateur scolaire, soupçonné d’avoir agressé sexuellement plusieurs enfants à Paris. Il a comparu, hier, devant la justice. Le Figaro précise que l’accusé est soupçonné d’avoir harcelé et agressé au total neuf enfants et deux collègues, et que trois autres procès d’animateurs périscolaires pour violences sexuelles sont prévus à Paris d’ici le mois de septembre. Face aux multiples scandales de violences sexuelles touchant des mineurs, le gouvernement a décidé de présenter, aujourd’hui, un projet de loi prévu au départ pour le secteur de la protection de l’enfance, mais qui s’étend finalement à l’ensemble des mineurs. La Croix évoque notamment l’instauration d’un contrôle des antécédents judiciaires à tous les professionnels intervenant auprès des moins de 18 ans. Le journal cite toutefois les critiques de la rapporteure de la commission d’enquête sur les manquements dans la protection de l’enfance. Elle regrette que ce projet de loi ne mentionne ni les taux d’encadrement ni l’attractivité des métiers, dans un secteur où quelque 30 000 postes ne sont pas pourvus, selon elle. Dans une tribune publiée par Le Monde, le sociologue Laurent Visier et l’anthropologue Geneviève Zoïa estiment que le fléau des agressions sexuelles dans le périscolaire ne relève pas seulement de « dysfonctionnements » mais aussi d’une « hiérarchisation des missions de l’école », « d’une séparation radicale et dommageable entre un espace scolaire considéré comme légitime et un espace périscolaire qui, à force d’être perçu comme accessoire, fait figure d’angle mort de la vigilance éducative ».
La presse française, qui s’enthousiasme pour Moïse Kouame. Le tennisman français a facilement éliminé, hier, à Roland-Garros, Marin Cilic, à seulement 17 ans. Faire mentir Rimbaud qui disait qu' »on n’est pas sérieux quand on a 17 ans », faire souffler « un vent de fraîcheur » sur la terre battue : superbe Une, ce matin, de L’Equipe, et superbe photo signée Pierre Lahalle. À 17 ans et 2 mois très exactement, Moïse Kouame devient le plus jeune joueur à remporter un match de Grand Chelem depuis 2009. Prochain rendez-vous dès demain au deuxième tour contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 71e mondial.
On termine cette revue de presse en Italie, où la Cour suprême a statué récemment sur un verre d’eau. The Guardian raconte la « longue et coûteuse saga judiciaire » d’une touriste qui avait demandé, en 2019, un verre d’eau du robinet dans un hôtel 5 étoiles des Dolomites. Un service refusé par l’établissement, qui proposait, à la place, une bouteille d’eau minérale à 7 euros. La touriste en question avait intenté une action en justice, au motif que l’eau est « une ressource naturelle et un droit humain universel ». La Cour suprême italienne a finalement tranché. Selon elle, se faire servir de l’eau du robinet n’est pas un droit du consommateur. La plaignante a été déboutée. L’histoire, donc, d’une tempête dans un verre d’eau.
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