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Droits de douane : l'Union européenne divisée sur l’accord commercial avec Donald Trump

Une fois encore, Donald Trump crée des remous. Les récentes menaces de hausse de droits de douane formulées par le président américain font monter la tension au sein de l’Union européenne, en lien avec la mise en œuvre de l’accord commercial transatlantique conclu l’été dernier, rapporte Politico. Ce mercredi 6 mai, des négociateurs issus du Parlement européen, des États membres et de la Commission vont tenter de surmonter leurs divisions, alors que les blocages s’accentuent quant à l’opportunité de soutenir cet accord, conclu en juillet dernier dans le complexe de golf de Donald Trump à Turnberry, en Écosse.

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Estimant que le bloc européen ne respecte pas les termes de ce pacte commercial, le dirigeant américain a déclaré vendredi dernier qu’il augmenterait dans la semaine à venir les droits de douane sur les voitures et les camions de l’UE à 25 %. Neuf mois après l’avoir signé, l’UE n’a en effet toujours officiellement ratifié le texte, et n’a donc toujours pas supprimé les droits de douane sur les biens industriels américains importés, comme les deux parties en avaient convenu. Le processus législatif a été suspendu à deux reprises par le Parlement européen, après les menaces de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux alliés européens n’ayant pas soutenu son projet d’acquisition du Groenland, et lorsque la Cour suprême américaine a invalidé les droits de douane dits « réciproques ».

Un « mauvais accord »

Un certain nombre de pays de l’UE, avec en tête l’Allemagne et son industrie automobile très influente, ainsi que le commissaire au commerce Maros Sefcovic, souhaitent néanmoins que l’accord soit enfin formellement adopté. A l’inverse, une majorité située à gauche au Parlement, menée par le président allemand de la commission du commerce Bernd Lange, considère que l’annonce faite vendredi dernier par Trump confirme que le président américain n’est pas fiable. « Nous l’avons dit dès le début et nous continuerons de le répéter : Turnberry est un mauvais accord et nous ne le validerons pas automatiquement », a affirmé Kathleen Van Brempt, vice-présidente belge de la commission du commerce et proche alliée de Lange.

Cet accord informel avait été inscrit dans une déclaration conjointe en août dernier, puis approuvé sans modification par les États membres en novembre. Mais les eurodéputés ont exprimé leurs réticences après les menaces antérieures de Trump d’annexer le Groenland – territoire du Danemark – et, depuis, Lange s’est imposé comme une sorte de négociateur commercial parallèle pour l’Union. Sous sa direction, les parlementaires ont soutenu en mars l’ajout de conditions supplémentaires : retarder l’application de l’accord tant que Trump n’aura pas supprimé les droits de douane sur l’acier, le suspendre en cas de menace sur l’intégrité territoriale de l’UE, et y mettre fin avant la fin de son mandat. Des mesures qui ont divisé : l’Allemagne refuse l’ajout de nouvelles conditions qui pourraient irriter le locataire de la Maison-Blanche, tandis que l’Espagne se montre ouverte à l’idée d’introduire une date d’expiration – une « clause de caducité » – mais souhaite qu’elle ne prenne effet qu’après le départ de Donald Trump.

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Si Bernd Lange a réussi à réunir une majorité au Parlement autour des amendements actuellement discutés, ce dernier doit aussi faire face à l’opposition de Manfred Weber, chef du Parti populaire européen (centre droit), le groupe le plus important au Parlement. Weber soutient l’accord initial et envisage même d’imposer un vote sur la version finale du texte dès le mois de juin. « De notre côté, les négociations doivent être conclues rapidement afin que l’accord puisse enfin entrer en vigueur. Nos entreprises ne peuvent pas se permettre une incertitude prolongée », a-t-il notamment déclaré auprès de Politico.

Un risque de blocage

En l’absence de compromis entre les États membres et les institutions, l’accord risque de rester bloqué. Dans l’espoir de désamorcer la pression croissante, Maros Sefcovic a rencontré mardi à Paris le représentant américain au commerce Jamieson Greer. Mais après plus d’une heure d’échanges, aucune solution n’a émergé : selon une source informée citée par Politico, Greer n’a pas retiré la menace d’imposer des droits de douane de 25 % sur les voitures européennes.

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Face à cette nouvelle provocation de Donald Trump, manifestement destinée à hâter le processus de ratification européen, les réactions ont été immédiates. Mardi, Emmanuel Macron a affirmé qu’en cas de mise en œuvre d’une surtaxe américaine de 25 %, l’Union européenne devrait « activer » ses instruments anti-coercition, tout en dénonçant des « menaces de déstabilisation ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a de son côté martelé : « Un accord, c’est un accord […] L’essence de cet accord, c’est la prospérité, des règles communes et la fiabilité. »


Source:

www.lexpress.fr

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