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Dans une volte-face, l'administration Trump examine la possibilité d'encadrer les IA

Le revirement n’en est qu’à ses débuts mais il n’est pas anodin. Alors qu’elle avait lâché la bride aux géants de la Silicon Valley qui développent l’intelligence artificielle, l’administration américaine pourrait finalement estimer que jeter un œil à ces outils révolutionnaires avant qu’ils ne soient mis sur le marché ne serait pas une si mauvaise idée. Un décret présidentiel pourrait être annoncé, qui viserait à créer un groupe de travail réunissant dirigeants du secteur et représentants des pouvoirs publics, selon le New York Times. Il aurait pour mission d’étudier les procédures de contrôle à mettre en place et de veiller à ce que les modèles d’IA respectent certaines normes de sécurité. Le système de contrôle envisagé donnerait par ailleurs au gouvernement un accès prioritaire aux modèles d’IA, sans pour autant en bloquer leur commercialisation.

Un coût politique

Le changement de paradigme tient en un mot : Mythos. Ce nouveau modèle d’IA développé par Anthropic excelle à déceler les failles des logiciels, au point qu’il pourrait constituer un « tournant en matière de cybersécurité », selon la firme californienne elle-même. Cette dernière l’a pour cette raison proposé à une cinquantaine d’entreprises seulement, et envisageait de porter ce nombre à 120, mais l’administration a mis le holà. Le coût politique à payer si une cyberattaque de grande ampleur était orchestrée par l’IA serait élevée, assorti d’accusations de laxisme.

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Cette évolution intervient à la faveur d’un changement de personnel au sein de l’administration Trump. En mars, David Sacks, responsable de l’IA à la Maison-Blanche et ardent partisan de la deréglementation, a annoncé qu’il quittait ses fonctions. Susie Wiles, cheffe de cabinet de Donald Trump, et Scott Bessent, secrétaire au Trésor, ont pris la relève et fait savoir qu’ils comptaient jouer un rôle plus important en matière de contrôle des IA.

Le virage est notable tant l’administration Trump s’était fait le chantre jusqu’à présent d’un non-interventionnisme quasi absolu. « Nous devons faire grandir ce projet [baby] et lui permettre de s’épanouir. Nous ne pouvons pas l’arrêter. Nous ne pouvons pas l’arrêter avec des manœuvres politiques. Nous ne pouvons pas l’arrêter avec des règles absurdes, voire stupides », avait notamment déclaré Donald Trump en juillet dernier. Le président voit en effet dans cette technologie un atout décisif dans la rivalité face à la Chine. Peu après sa réelection, il a ainsi annulé une procédure réglementaire mise en place par l’administration Biden qui exigeait des entreprises d’IA des évaluations de sécurité et qu’elles rendent compte de leurs applications militaires. Le gouvernement s’en est en outre pris aux Etats qui tentaient d’imposer des réglementations de leur côté.

Tensions avec Anthropic

Mais les relations entre Anthropic et l’administration ont tourné aigres depuis quelques mois. Son directeur général Dario Amodei a en effet décidé d’avoir son mot à dire sur l’utilisation de son IA Claude par l’armée américaine, et lui a notamment interdit son usage pour la surveillance des masses et le développement d’armes autonomes. En rétorsion, le Pentagone a mis fin à un contrat à 200 millions de dollars et l’administration a partiellement banni Claude de certaines de ses agences. La firme a attaqué le gouvernement en justice. Le mois dernier, Mme Wiles et M. Bessent ont rencontré à la Maison-Blanche Dario Amodei, dans le but de rétablir l’utilisation de la technologie par le gouvernement. Une rencontre qualifiée de « productive » par les deux parties.

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Le groupe de travail pourrait également se pencher sur le sort du Center for AI Standards and Innovation (Centre pour les normes et l’innovation en matière d’IA). Cette agence pourrait être appelée à jouer un rôle dans les procédures de contrôle. Créée par l’administration Biden, elle a depuis été mise sur la touche, et son ancien directeur travaille désormais… pour Anthropic.


Source:

www.lexpress.fr

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