Un nouvel accord d’une durée de trois ans a été conclu entre les autorités françaises et britanniques afin de tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche, selon une feuille de route du ministère de l’Intérieur consultée ce mercredi soir.
La participation du Royaume-Uni pourra aller jusqu’à 766 millions d’euros mais, sur cette somme, 186 millions seront conditionnés à l’efficacité des mesures, selon ce document.
Les forces de l’ordre déployées pour lutter contre l’immigration irrégulière sur le littoral français seront également augmentées de 53 %. Les effectifs seront portés à quelque 1 400 agents d’ici 2029.
« Pour la première fois », le financement des autorités britanniques, comprend « une part flexible destinée à soutenir des actions visant à renforcer l’efficacité du dispositif », peut-on lire.
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Depuis plusieurs mois, le traité de Sandhurst, qui prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière et empêcher les arrivées irrégulières en Grande-Bretagne, fait l’objet d’âpres négociations entre les deux pays. L’accord signé en 2018 qui avait été reconduit une première fois en 2023, s’achevait en 2026, et les autorités britanniques souhaitaient soumettre leur financement à de nouvelles conditions.
Si les nouvelles mesures n’apportaient pas de « résultats suffisants, sur la base d’une évaluation annuelle conjointe, le financement sera réorienté sur de nouvelles actions », précise la feuille de route.
Réduire le départ des « taxi-boats »
Une unité de CRS, financée par la France, sera également dédiée à la lutte contre l’immigration clandestine et s’accompagnera du déploiement de drones, hélicoptères et moyens électroniques pour « mieux prévenir les tentatives de traversées », et réduire le nombre de départs en particulier des « taxi-boats », précise le ministère de l’Intérieur.
La Grande-Bretagne accuse régulièrement la France de ne pas en faire assez pour retenir ces embarcations de fortune qui prennent de plus en plus de risques pour éviter les contrôles sur les plages en embarquant directement en mer.
Selon le droit international de la mer, une fois qu’une embarcation est à l’eau, les autorités ne peuvent intervenir que pour sauver des personnes de la noyade.
Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, selon un décompte à partir de sources officielles françaises et britanniques.
Source:
www.leparisien.fr




