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La guerre de demain a déjà commencé : la France se prépare à un conflit beaucoup plus invisible

En février dernier, le président Emmanuel Macron a rappelé la nécessité pour le pays de « penser la guerre de demain ». Ce message fait écho à un constat partagé par l’ensemble des états-majors à travers le monde.

Au XXIᵉ siècle, le champ de bataille traditionnel – qu’il nécessite de mobiliser des systèmes d’armes terrestres, aériens ou maritimes – n’est plus le seul endroit où il faut combattre, même si la puissance de feu dont disposent les États reste un élément fondamental de la guerre moderne. Dans ce contexte, la France est exposée à plusieurs risques majeurs.

Le numérique est devenu une arme géopolitique

En Ukraine et au Proche-Orient, l’hybridation croissante entre manœuvres conventionnelles et offensives numériques a élargi et enrichi les méthodes de combat. Certains États, souvent aidés par des proxys et des alliés privés, déploient des cyber-opérations qui ont pour objectif d’affaiblir un pays en paralysant les réseaux de communication et les infrastructures critiques.

Pour la France, ces nouvelles formes d’agression représentent un défi majeur. Entre 2021 et 2025, plus de 800 attaques de ce type ont ciblé des hôpitaux, des collectivités et des entreprises stratégiques du secteur de la défense.


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En outre, l’ANSSI (Autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense en France) note une augmentation constante du nombre d’« événements de sécurité », qui ont pour origine l’exploitation de vulnérabilités sur des équipements « en bordure » comme les pare-feux et les passerelles VPN, ce qui intensifie le risque d’intrusion dans des systèmes critiques.

À cela, il faut ajouter les campagnes de désinformation à grande échelle qui visent à saper la crédibilité et le fonctionnement des institutions. À ce titre, Viginum, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, estime que l’IA générative fait craindre une élévation structurelle du niveau de menace informationnelle, parce qu’elle permet de produire vite et à bas coût des contenus trompeurs de plus en plus réalistes.

Par ailleurs, certains modes opératoires observés à l’étranger, comme la manipulation d’algorithmes et l’instrumentalisation d’influenceurs, pourraient être utilisés contre la France.

L’armée française prépare le combat du futur. © Ministère des armées

L’IA automatise les combats

Sur le champ de bataille traditionnel, les progrès de l’intelligence artificielle et de la robotique militaire redéfinissent également la façon de combattre. Les drones en sont l’exemple le plus visible. En Ukraine, le Bayraktar TB2 turc a rééquilibré le rapport de force avec la Russie en combinant à moindre coût capacités de reconnaissance et d’attaque. Par ailleurs, les munitions dites « rôdeuses », comme les drones kamikazes, peuvent chercher et repérer une cible avant de la frapper. En mer, les drones navals explosifs ont montré leur efficacité contre les bâtiments militaires.

Le drone intercepteur pourra emporter jusqu’à huit micro-missiles Mark 1 pour intercepter de façon autonome des drones de type Shahed. © Airbus Space & Defense

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En outre, sur terre, les robots de déminage, de surveillance ou de transport assistent déjà les armées, tandis que certains systèmes de défense, comme le Dôme de fer en Israël, automatisent en partie la détection et l’interception des missiles.

Enfin, les chars, les véhicules de combat et les troupes d’infanterie échangent désormais des données en temps réel pour coordonner leurs attaques. Pour chaque pays, cette numérisation de la guerre exige une maîtrise souveraine des briques technologiques de l’intelligence artificielle et de la robotique.

La militarisation de l’espace est en marche

Aujourd’hui, l’efficacité des armées dépend en grande partie des systèmes d’information et de communication en orbite, qui conditionnent la réussite des opérations. À cet égard, la Revue nationale stratégique 2025 note la multiplication de comportements hostiles dans l’espace, le développement de satellites d’attaque et le risque d’escalade non maîtrisée.

Pour preuve, la Russie a été le premier pays à mener un test antisatellite en novembre 2021, en détruisant l’un de ses propres satellites avec un missile à ascension directe, démontrant ainsi sa capacité à mener ce type d’opération.

Par ailleurs, en 2025, puis en 2026, Eurocontrol, l’organisation intergouvernementale européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, a alerté sur le fait que les interférences de brouillage et de leurre sur les systèmes GNSS (Global navigation satellite systems) étaient de plus en plus fréquentes et de plus en plus problématiques, au point de justifier un plan d’action commun pour améliorer la détection, le partage de données, et les réponses opérationnelles. Lorsqu’un signal de navigation peut être falsifié, les avions, les navires, les drones et l’ensemble des infrastructures critiques deviennent vulnérables.

Pour l’heure, ce début de militarisation concerne principalement des missions d’observation, de brouillage et de renseignement. Demain, elle pourrait inclure le déploiement et l’emploi de moyens destinés à neutraliser et à détruire les capacités spatiales adverses.

Le Rôdeur 330 résiste au brouillage et reste précis lorsqu’il frappe sa cible. © EOS Technologie

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Face à ces menaces, la loi de programmation militaire (2024-2030) prévoit plus de 400 milliards d’euros pour renforcer les capacités de cyberdéfense, accélérer la réindustrialisation et améliorer la surveillance du territoire spatial. Ce réarmement technologique doit être accompagné par une préparation organisationnelle.

Dès à présent, les exercices de simulation hybride menés par la direction générale de l’Armement (DGA) montrent la volonté d’anticiper les prochains conflits, qui seront autant militaires que technologiques et algorithmiques, tandis que le programme Scorpion de modernisation des forces terrestres françaises intègre déjà des capacités d’analyse automatique et de combat assisté.


Source:

www.futura-sciences.com

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