En 2021, son récit « La Familia Grande » avait suscité une avalanche de témoignages sur l’inceste. Camille Kouchner dénonce ce jeudi le « désengagement » et l’« immobilisme criminel » des institutions face à ce fléau. « Nous sommes de plus en plus nombreux à soutenir, participer, porter la lutte collective » contre l’inceste, écrit l’autrice et professeure de droit dans ce texte publié par le média en ligne AOC.
« Depuis cinq ans, ça bouge. La société prend conscience (…) La culture est à l’avant-garde », ajoute-t-elle, citant notamment le livre « Clément » de Romain Lemire, le documentaire « Un silence si bruyant » d’Emmanuelle Béart, le film « The Chronology of Water » de Kristen Stewart ou encore le roman graphique de Cécile Cée « Ce que Cécile sait ».
« Malheureusement, les institutions, elles, restent sourdes. Cinq ans après #metooInceste, la Commission chargée de lutter contre ce fléau a été brisée, son coprésident si impliqué évincé, les ministres successifs se sont ridiculisés, aucun budget n’a été alloué », dénonce Camille Kouchner, épinglant également les médias qui ne « mettent que rarement en lumière l’aspect systémique du sujet ».
Trois enfants par classe victimes d’inceste
« Un tel désengagement de nos institutions est violent » et « les conséquences de l’attentisme gouvernemental sont catastrophiques », poursuit-elle, dénonçant le « hors-sol de nos gouvernants », qui « plonge nos institutions dans un immobilisme criminel ».
Publié en janvier 2021, « La Familia Grande », dans lequel Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, de viols sur son frère jumeau, avait provoqué une onde de choc en France.
Dans son sillage, une vague #metooinceste avait déferlé sur les réseaux sociaux et deux mois plus tard, la Ciivise – la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles – voyait le jour.
Selon cette dernière, trois enfants par classe sont victimes d’inceste chaque année en France et 5 millions et demi de Français ont vécu des violences sexuelles dans leur enfance.
Source:
www.leparisien.fr




