Frédéric Pajak, né en 1955, est un éditeur, dessinateur et écrivain franco-suisse. Auteur du vaste cycle du Manifeste incertain (Noir sur blanc) – dix volumes, totalisant près de 2 500 pages –, il y entremêle autobiographie, essai et dessin pour retracer les vies d’artistes et d’écrivains aux destinées tragiques, de Walter Benjamin à Emily Dickinson, de Marina Tsvetaeva à Vincent Van Gogh, ou Cesare Pavese. Ami proche de Paul Nizon, dont il connaît intimement l’œuvre pour en avoir publié plusieurs titres, il lui a aussi fait jouer son propre rôle dans son film En souvenir du monde, en 2010.
Comment avez-vous rencontré Paul Nizon, et quelle a été la nature de votre relation au fil des années ?
Elle a beaucoup changé ! Lorsque j’ai rencontré Paul Nizon, en 2006, il était très difficile d’accès. Je lui avais proposé d’écrire une préface sur les dessins de l’écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt [1921-1990] pour Les Cahiers dessinés. Sa réaction a été immédiate : il m’a dit que ces dessins étaient de la merde, et que, pour lui, seule sa littérature comptait. Il a quand même accepté d’écrire le texte. Au début, il s’est montré désagréable avec moi. Un peu hautain, très mâle dominant. Notre relation n’a pas très bien commencé. Pourtant, je suis retourné plusieurs fois chez lui, à Paris, parce qu’il avait envie de me parler.
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Source:
www.lemonde.fr




