« Le “Zorg”. La tragédie à l’origine de l’abolition de l’esclavage » (The Zorg. A Tale of Greed and Murder that Inspired the Abolition of Slavery), de Siddharth Kara, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anatole Tomczak, préface de Christiane Taubira, Paulsen, 304 p., 23 €, numérique 14 €.
Le soir du 29 novembre 1781, 55 esclaves sont amenés à tour de rôle dans la cabine des officiers. Une fenêtre y est ouverte. Une première femme est jetée dans la mer des Caraïbes. Dans son nouvel ouvrage, Le Zorg, du nom de cette frégate hollandaise confisquée par les Britanniques, l’historien et journaliste américain Siddharth Kara poursuit : « Les marins retournent dans l’entrepont. Ils choisissent une autre femme, qu’ils jettent par la même fenêtre. Puis un enfant. Puis une autre femme. » Les jours suivants, d’autres esclaves connaissent le même sort. Au total, entre 123 et 133 hommes, femmes et enfants sont noyés.
Bien que le journal de bord du Zorg ait « mystérieusement disparu avant même le retour du navire en Angleterre », Siddharth Kara a recoupé de nombreuses sources permettant de reconstituer l’itinéraire et le quotidien du navire. Il rappelle que les procédures, à bord des bateaux de la traite atlantique, visaient à « permettre à un petit équipage de retenir plusieurs centaines d’Africains dans une prison flottante, tout en assurant la survie du plus grand nombre », rentabilité oblige. Seulement, une erreur de calcul de la longitude a vu le Zorg manquer sa destination. Il a dû faire demi-tour, alors que les réserves en eau douce étaient en train de s’épuiser. A l’unisson, les marins ont décidé de sacrifier une partie de la « cargaison » humaine.
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Source:
www.lemonde.fr




