L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
D’un village, contaminé par le repli sur soi, aux grands espaces du plateau de l’Ennedi, dans le nord-est du Tchad, le nouveau long-métrage du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, Soumsoum, la nuit des astres, est empreint d’une grande poésie, quitte à être parfois submergé par son message humaniste et son esthétique un peu lisse.
Le propos n’en demeure pas moins fort, dans la veine des précédents films du cinéaste, né en 1961, qui vit en France. Citons Un homme qui crie (2010), son quatrième long-métrage, Prix du jury à Cannes, l’histoire tragique d’un père et d’un fils séparés par la guerre civile au Tchad ; Grigris (2013), portrait croisé de deux marginaux, puis Lingui, les liens sacrés (2021), où une mère se démène pour aider sa fille à avorter.
Dans Soumsoum…, le réalisateur s’est notamment inspiré de récits de son enfance pour inventer une fable teintée de fantastique. L’adolescente Kellou (Maïmouna Miawana) a sans doute tout pour être heureuse. Elle est amoureuse de Baba (Christ Assidjim Mbaihornom), l’emmène se baigner dans un endroit secret, et son père (Eriq Ebouaney) semble être le plus compréhensif des hommes. Pourtant, la joie de la jeune fille est ternie par les sombres visions qui l’assaillent. Elle semble détenir un don hérité de sa mère, laquelle est morte en lui donnant la vie. Pour les villageois, Kellou est une « fille de sang », marquée du sceau du malheur.
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Source:
www.lemonde.fr




