Tenu dès les premières années de l’indépendance des Etats-Unis pour « le héros des deux mondes » – celui dont il venait et celui qu’il contribuait à faire naître –, Gilbert du Motier de La Fayette (1757-1834) est salué comme « le drapeau des amis de la liberté ». Une célébration qui peut sembler excessive au vu du parcours politique du marquis, mais qui résulte d’un savant travail de l’opinion publique par la diffusion de son image dès son retour d’Amérique.
Le héros est partout, comme le montrent des documents, courriers, œuvres et objets réunis pour l’exposition, sobre mais précise et intelligemment composée, présentée au Musée des Archives nationales à Paris à l’occasion du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis de 1776 : sur la garde d’un sabre, une tête de pipe ou une carte à jouer, un service à thé ou un chausson d’enfant… Il est même plus représenté que le roi lui-même dans la presse et les caricatures sous la Constituante (1789-1791). Il donne aussi son nom à l’espion James Armistead Lafayette, esclave afro-américain qui travaille pour lui, et dont il favorisa l’émancipation en 1787.
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Source:
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