Les dix ans écoulés sont au centre de l’enquête de Rémi Lefebvre dans son ouvrage « Faire parti autrement ? ». Le politiste propose une lecture comparée de La France Insoumise et de Renaissance, deux formations nées en 2016 et souvent décrites comme plus personnalisées que les structures partisanes classiques. L’auteur examine la manière dont ces mouvements ont redéfini le rapport entre leaders, militants et électeurs, et soulève des questions sur leur capacité à durer au-delà de la forte mobilisation initiale.
La comparaison met en lumière plusieurs traits communs : une centralité de la figure leader, des formes d’engagement renouvelées et des façons de structurer l’action politique qui diffèrent des partis traditionnels. Ces caractéristiques ont pour effet d’accélérer la visibilité des projets politiques, mais aussi de poser des défis organisationnels. Les deux mouvements présentent des modalités de fonctionnement qui privilégient des formes de mobilisation directes et une communication focalisée, éléments qui ont contribué à leur percée électorale mais interrogent leur gouvernance interne.
Dans sa synthèse, Rémi Lefebvre insiste sur les tensions entre vitalité militante et nécessité d’instituer des règles durables. L’enquête souligne les difficultés pour ces formations de transformer un capital d’engouement en structures stables et résilientes. Parmi les enjeux identifiés figurent la capacité à instituer des procédures de choix internes, à gérer la pluralité des sensibilités au sein du mouvement et à articuler présence sociale et responsabilités gouvernementales lorsque cela devient pertinent.
Au-delà du constat descriptif, l’ouvrage éclaire les possibles trajectoires pour la recomposition du paysage politique français et offre des outils d’analyse pour comprendre les transformations en cours. En interrogeant la manière dont La France Insoumise et Renaissance ont renouvelé les formes de faire parti, Rémi Lefebvre propose une clé de lecture utile pour les observateurs, responsables politiques et citoyens soucieux de mesurer les conséquences institutionnelles de ces dix premières années.






