Beaucoup de salariés cherchent à évoluer en interne mais voient leurs candidatures rejetées au profit de profils externes, parfois moins compétents. « Effectivement, la plupart des recrutements se font en externe, constate Soléna Busson-Mars, membre du bureau national de l’ANDRH. Mais c’est dommage parce qu’il y a forcément des salariés très compétents au sein des structures. Si les RH avaient le temps de les identifier, ils pourraient être recrutés ».
C’est pour cela que la première étape est de se rendre visible auprès d’autres directions bien avant l’ouverture d’un poste. Comment ? D’abord, identifiez les services dans lesquels vous voudriez travailler, prenez contact avec les responsables pour solliciter un moment d’échange et parlez de votre projet. « Il ne faut pas hésiter à demander un rendez-vous, conseille l’experte. C’est souvent lors d’échanges informels autour de la machine à café qu’il est possible d’obtenir des informations sur d’éventuelles ouvertures de poste. Même si cela peut être mal vu selon la culture de l’entreprise, ce n’est jamais mal pris par les concernés »
Formalisez votre souhait
Si vous avez des envies d’ailleurs au sein de l’entreprise, il faut le dire et formaliser concrètement votre souhait. Le meilleur moment ? L’experte suggère l’entretien professionnel : « C’est le timing stratégique idéal pour que les salariés puissent poser leurs jalons et formaliser leur vœu, même si c’est une petite envie et qu’elle ne se concrétise pas ». En effet, les services des ressources humaines ont souvent une visibilité à moyen terme, entre trois et cinq ans, sur l’entreprise, pas forcément partagée avec les chefs d’équipes.
Le secret ? S’y prendre tôt car ce genre de mouvement peut prendre du temps. « Toutes les mobilités internes que j’ai vues réussir avaient été faites bien en amont, révèle Soléna Busson-Mars. Selon les paramètres, cela peut être immédiat ou au contraire nécessiter du temps si certaines compétences sont manquantes ». En tout cas n’attendez pas qu’une annonce soit publiée pour viser le poste dont vous rêvez depuis des années car tout se fait justement en amont. Surtout, vouloir bouger en interne est plutôt vu de manière positive car cela montre l’intérêt du salarié pour la structure et son engagement.
Sollicitez RH et managers
Vous n’osez pas en parler à votre N+1 et encore moins à votre N+2 par souci de loyauté ? Pensez aux personnes du service Ressources humaines qui peuvent contourner un éventuel manager réfractaire. « Surtout, les RH peuvent échanger de façon confidentielle et ont les bons mots pour aborder le sujet et faire cheminer certaines personnes dans leurs équipes, poursuit-elle. Sans oublier leur spectre général et la possibilité d’identifier les services concernés ». Une sorte de visa local.
Si votre service RH propose les candidatures en interne avant de publier des annonces sur des sites de recherche d’emploi, c’est le signe d’une politique RH favorisant la montée en compétences interne. Et ce, même si vous n’en cochez pas toutes les cases puisque des formations peuvent être proposées, comme cela peut être indiqué sur les annonces. L’avantage pour votre employeur ? Vous connaissez déjà la culture de l’entreprise, les contraintes, les enjeux et les collaborateurs, ce qui permet une intégration. « Tout le monde y gagne avec la mobilité interne, estime l’experte. Cela permet au salarié de se réengager. Pour l’entreprise, c’est vu comme un cadeau, en plus d’être un outil de résilience face aux mutations majeures auxquelles elle doit faire face. »
Source:
www.capital.fr




