À 52 ans, Nicolas vit en concubinage avec sa compagne et leurs trois enfants en région parisienne et travaille dans la communication, la production de contenus et les relations presse, à travers une SASU dont il est le seul salarié. Son salaire ? « J’arrive à me payer entre 2800 et 2900 euros nets par mois, précise-t-il. Sur 12 mois, mais sans 13e mois ni dividende ». Après 26 années de salariat, il a pu bénéficier d’un plan de départ volontaire dans son ancienne entreprise, avec l’appui de son ex manager.
« J’avais son soutien, peut-être voulait-il que je parte, plaisante-t-il. En fait, j’avais l’impression d’être en fin de cycle avec un effet de plafond pour mon poste de cadre. Aujourd’hui, je suis pleinement responsable des décisions : j’ai plus de liberté mais le poids de mes décisions est plus grand aussi. On est notre propre décideur en tant qu’entrepreneur ». Avant de se lancer en solo, Nicolas a eu le soutien de sa famille, du moins de sa compagne qui acceptait une éventuelle perte de salaire si le projet ne fonctionnait pas.
Un changement de statut
Dès cet été, Nicolas va basculer sa structure en EURL pour payer moins de charges sociales. Après avoir fait le calcul du montant retraite, il s’est rendu compte qu’avec sa carrière longue et ses 26 années de salariat, l’entrepreneur pourrait s’arrêter à 62 ans : « Si je continue à travailler en tant que cadre pendant les prochaines années, la différence serait d’environ 300 euros par mois, décrit-il. Alors qu’en payant moins de charges, je peux maîtriser moi-même avec un PER par exemple ou même réinvestir ». Ce qui ne signifie pas forcément un salaire supérieur.
La forme de SASU l’empêchant de se développer car les charges sont lourdes, l’EURL permettra éventuellement d’investir dans de la prospection, de la publicité ou du recrutement. « Je pourrais embaucher un alternant ou des stagiaires que je rémunérerais, évoque-t-il. Aujourd’hui, je suis seul, je n’ai pas forcément le temps de tout faire tout seul. Peut-être que créer une équipe pourrait permettre de développer mon portefeuille de clients ». Selon le professionnel de la communication, tout dépend de la situation de chacun pour les types de rémunération et de société.
Plus de souplesse
Si Nicolas gagne à peu près le même salaire que es dernières années de salariat, la différence se trouve dans les charges : « Le pass Navigo, l’essence, la voiture, le téléphone, Internet, énumère-t-il. Tout cela représente environ 500 euros d’économisés pour moi ». À noter que son statut de salarié incluait également un 13e mois et des primes. Mais c’est surtout dans la gestion de son agenda que Nicolas voit la différence, il organise son planning comme il l’entend en fonction des besoins familiaux et de ses clients.
En fait, il travaille plus si l’on compte les heures de travail entre la production de contenus, la prospection et l’administratif, mais se dit tout de même plus présent pour ses enfants, l’école, leurs activités sportives ou leur orientation scolaire : « C’est un équilibre, admet-il. Même si au taux horaire, je travaille beaucoup plus parce que j’ai moins de vacances mais tout est lissé au final ». Lève-tôt, Nicolas commence à travailler vers 4h30 du matin, jusqu’au moment d’emmener les enfants à l’école. Pour les vacances, il tire jusqu’à ce que tout le monde se réveille vers 9h pour ensuite passer la journée en famille, et retravailler le soir quand c’est plus calme. « Je suis tout le temps disponible pour mes clients, avoue-t-il. Mais j’essaie de faire attention à ce que cela n’ait pas trop d’impact dans ma vie personnelle car ce serait étouffant pour les autres ».
Gagner autant pour moins consommer
Est-ce que Nicolas est content de son salaire ? S’il pouvait gagner plus, il ne dirait pas non mais pour autant ce montant suffit à ses besoins. Avec un enfant indépendant financièrement, un emprunt déjà en cours, il dépense son argent autrement : « Je ne gagne pas suffisamment pour faire de l’optimisation fiscale mais je privilégie des produits de meilleure qualité par exemple ».
Source:
www.capital.fr




