Chaque année, les bancs des facultés de médecine ne désemplissent pas. Pour la rentrée 2025-2026, c’était la formation la plus prisée via Parcousup avec plus de 840 000 voeux en licence PASS.
Pourtant, malgré la suppression du numerus clausus en 2019, le goulot d’étranglement reste serré, laissant des milliers d’étudiants sur le carreau avec un sentiment d’amertume face à un système jugé complexe et toujours injuste.
C’est dans ce contexte que le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle refonte majeure de l’accès aux études de santé (cinq filières MMOPK : Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie). Une de plus.
La fin du double accès PASS/LAS dès la rentrée 2027
Pour les bacheliers, c’est le retour du balancier : après avoir enterré la PACES en 2019, l’exécutif s’apprête à débrancher le dispositif PASS/LAS, à peine sept ans après sa mise en œuvre.
L’annonce a été officialisée ce vendredi 17 avril : le système hybride actuel, composé du Parcours Accès Spécifique Santé (PASS) et de la Licence Accès Santé (LAS), cessera d’exister à la rentrée 2027. Si la réforme de 2019 visait à diversifier les profils et à supprimer le redoublement cruel et « stérile », elle a surtout accouché d’une usine à gaz administrative à gérer pour les universités, et complexe à comprendre pour les familles.
Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, ne s’en cache plus : « Le dispositif PASS/LAS a apporté des avancées réelles […] mais il a aussi engendré une complexité devenue insupportable pour les étudiants et leurs familles ».
Cette seconde réforme en moins d’une décennie sonne comme un aveu d’échec partiel de la précédente mouture. Le gouvernement souhaite désormais un modèle « harmonisé, lisible et équitable » pour mettre fin aux disparités locales qui voyaient chaque université bricoler sa propre organisation.
La nouvelle licence santé s’organisera autour de 3 blocs de compétences
Pour remplacer le maquis actuel, une architecture unique en trois blocs d’enseignement est instaurée pour structurer la première année:
Bloc Santé (24−30 ECTS) : Il regroupe les connaissances scientifiques fondamentales communes aux cinq filières MMOPK. Le programme se veut « allégé » et « recentré sur l’essentiel ».Bloc Disciplinaire (24−30 ECTS) : L’étudiant choisit une mention « contributive » (biologie, droit, sciences humaines, ou encore soins infirmiers).Bloc de Compétences Transversales (6−12 ECTS) : Ce volet insiste sur les compétences psychosociales, l’éthique et les sciences humaines.
Cette structure vise à garantir que, même en cas d’échec aux filières de santé, l’étudiant valide une année de licence cohérente et valorisable dans un autre cursus.
Chaque étudiant pourra tenter deux fois d’intégrer les filières MMOPK
L’une des critiques les plus vives contre le système actuel était l’interdiction de redoubler la première année de santé, créant une pression psychologique immense. Le futur modèle fait marche arrière : le redoublement sera à nouveau autorisé une fois.
Les étudiants disposeront de deux chances pour candidater aux filières MMOPK :
Une première candidature en fin de première année.Une seconde candidature en fin de deuxième année de licence.
Pour Stéphanie Rist, ministre de la Santé, cette évolution est une nécessité humaine : « En faisant évoluer la première année d’accès aux études de santé, nous souhaitons faire le choix d’un modèle plus lisible, plus juste et plus humain. ».
Le classement sera fondé sur l’ensemble du parcours académique, avec une validation obligatoire des blocs santé et disciplinaire à au moins 10/20 chacun.
Un formation accessible via Parcoursup pour les bacheliers 2027
Pour les lycéens qui entreront en terminale en septembre 2026, les règles du jeu changent à nouveau. Sur la plate-forme Parcoursup, la complexité des multiples vœux PASS et LAS devrait laisser place à un vœu principal unique intitulé pour le moment « Réforme de la première année », complété par un sous-vœu disciplinaire.
Cette simplification se veut logique et rassurante, face à une demande unanime, mais elle interroge sur la stabilité de l’orientation post-bac en France. Passer d’un concours unique (PACES) à un système hybride (PASS/LAS), pour finir par une licence harmonisée en l’espace de quelques promotions, témoigne d’un tâtonnement sur une voie pourtant cruciale pour l’avenir de notre système de soin.
Le gouvernement promet toutefois des moyens financiers dédiés à cette « transformation pédagogique » pour que cette fois-ci, la réforme soit la bonne, comme les doyens et doyennes de faculté de santé le demandaient encore il y a quelques semaines s’inquiétant d’une réforme trop rapide et sans moyen.
Source:
www.leparisien.fr




