Amnesty International alerte sur la banalisation et la montée de discours en France qui rejettent les droits humains par leur « virulence » et fragilisent l’État de droit, à un an de la présidentielle, dans son rapport annuel publié mardi.
« La virulence du débat politique et médiatique, en particulier les attaques racistes et les invectives contre l’État de droit, sont extrêmement inquiétantes pour l’année pré-électorale à venir », avertit la présidente d’Amnesty International France (AIF), Anne Savinel-Barras, dans un communiqué.
Elle déplore que des « marqueurs » relevant de « pratiques autoritaires » (ciblage systématique des étrangers et des minorités, voix critiques discréditées…) ancrées à l’étranger, comme aux États-Unis, se multiplient aujourd’hui aussi en France. En 2025, l’État de droit en France a été fragilisé par l’utilisation croissante de technologies de surveillance, selon AIF.
Dans son rapport, l’ONG rappelle que le gouvernement a déposé en mai 2025 un projet de loi sur l’organisation des JO d’hiver des Alpes-2030, autorisant l’utilisation de technologies de vidéosurveillance de masse pilotées par l’intelligence artificielle jusqu’en 2027.
L’État de droit mis en cause par les politiques
Le Conseil constitutionnel a validé à la mi-mars cette mesure incluse dans la loi olympique, « malgré les risques graves pour les droits humains, en particulier en ce qui concerne les personnes racisées », accuse Amnesty.
L’État de droit a été aussi mis en cause par des responsables politiques qui, relève AIF, ont souvent dénoncé avec véhémence une « supposée tyrannie des juges » pour contester des décisions judiciaires. « Les responsables politiques jouent dangereusement avec l’héritage de nos combats nationaux et internationaux pour nos droits et nos libertés. Nuire à l’État de droit, c’est céder la place à l’état de force », estime Anne Savinel-Barras.
Elle préconise de protéger et renforcer la société civile, son tissu associatif, syndical et militant ainsi que l’indépendance de la justice et de la liberté de la presse, « des remparts essentiels et constitutifs de l’État de droit ». « Alors que la menace pèse sur de si nombreuses démocraties aujourd’hui, c’est sur notre force collective qu’il faut s’appuyer, la mobilisation de la société civile est le contre-pouvoir à l’arbitraire », conclut-elle.
Source:
www.leparisien.fr




