En pleine crise du monde de l’édition après le limogeage du PDG de Grasset, Olivier Nora, Emmanuel Macron a appelé, vendredi 17 avril, à « exprimer » et « défendre » le « pluralisme éditorial » en France : « c’est très important », a-t-il déclaré à des journalistes en déambulant dans les allées du Festival du livre de Paris.
Le licenciement de l’éditeur est imputé, par de nombreux auteurs, au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui contrôle Hachette, le numéro un français de l’édition, dont fait partie la maison Grasset. Selon le président de la République, les Français restent attachés à ce qui constitue une « force » nationale : « la liberté des auteurs, leur qualité, le rôle de l’éditeur ».
Il a ajouté avoir « beaucoup d’estime pour ces grandes maisons » d’édition, citant Gallimard et Grasset. « Ce sont des maisons qui sont à respecter », « un catalogue, c’est une histoire littéraire, et après c’est la liberté de ces auteurs », a estimé Emmanuel Macron.
Une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale »
Interrogé sur la pertinence d’une clause de conscience pour les auteurs, il a répondu : « Je pense que c’est en tout cas quelque chose qui doit se réfléchir », sans toutefois trancher. « L’éditeur, ce n’est pas simplement celui qui imprime les livres », « c’est un esprit, c’est une maison, c’est aussi ce qui fait partie du patrimoine littéraire », une « chaîne humaine », a encore dit le président.
Quelque 170 écrivains ont secoué le monde d’ordinaire feutré de l’édition avec leur décision inédite de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset pour dénoncer le « licenciement » d’Olivier Nora, à sa tête depuis vingt-six ans. Dans leur lettre ouverte, ces auteurs dénoncent « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la prestigieuse maison.
Cette fronde a éclaté alors que le Festival du livre de Paris s’est ouvert, jeudi soir, au Grand Palais. Avec 450 exposants et 1 800 auteurs attendus, tout le secteur est présent, à l’exception notable de la plupart des maisons d’édition, notamment Grasset.
Source:
www.lemonde.fr




