« Une autre histoire du luxe. Des thermes romains à LVMH », d’Emma Carenini, Passés composés, 190 p., 19 €, numérique 16 €.
DÉFENSE ET ILLUSTRATION DU LUXE ET DE SON PARTAGE
Elitiste, futile, inutile, surfait… Le luxe est fréquemment considéré comme pur et simple instrument de distinction symbolique. Le culte des marques le confirme : les fidèles paient cher un logo plus qu’une chose de qualité supérieure. Pourtant, la réalité sensible de ce qui est luxueux existe bel et bien, et demeure impossible à réduire à la seule fonction de signe distinctif. Arômes d’un grand cru, arcades d’un palais, coupe parfaite d’un vêtement constituent autant de vraies jouissances physiques, de bonheurs réels, désirables, partageables.
C’est pourquoi il convient de réexaminer ce qu’on nomme « luxe », et de réévaluer ses usages aussi bien que ses perspectives. C’est ce que propose Emma Carenini dans un essai alerte et d’une lecture agréable. Cette agrégée de philosophie a notamment publié Soleil. Mythes, histoire, sociétés (Pommier, 2022). En abordant cette fois la notion multiforme de luxe, elle s’attache à la dégager d’une épaisse gangue de préjugés, d’erreurs et d’oublis. Ainsi avons-nous tendance à confondre luxe et cherté. Pire, nous voyons principalement la possession ou la consommation de choses luxueuses comme des manifestations de l’entre-soi, de l’exclusion, du mépris des autres.
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Source:
www.lemonde.fr




