Très suivi en Afrique, il est connu pour ses diatribes anti-occidentales sur les réseaux sociaux. Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud où il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours », a annoncé la police locale jeudi 16 avril.
L’influenceur est recherché par le Bénin qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre et a émis un mandat d’arrêt contre lui.
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« Procédure d’extradition en cours »
À la tête de l’ONG baptisée « Urgences panafricanistes » et connu pour ses critiques radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris, il a été arrêté lundi, en compagnie d’un fils, pour des « faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo », selon le communiqué de la police sud-africaine.
D’après la police-sud-africaine, le duo père-fils avait l' »intention de poursuivre sa route vers l’Europe » depuis le Zimbabwe. « Leur comparution a été reportée au 20 avril 2026 et ils ont été placés en détention provisoire, une procédure d’extradition étant en cours », est-il précisé dans son communiqué.
L’arrestation a eu lieu dans un centre commercial de Pretoria où Kemi Seba a été interpellé en compagnie d’un facilitateur, qui avait reçu 250 000 rands, soit environ 13 000 euros, pour l’aider à traverser la frontière.
Poursuivi pour « incitation à la rébellion »
De son vrai nom, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba, compte 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux et se trouve poursuivi au Bénin pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ».
Au Bénin, des militaires mutins étaient apparus à la télévision le 7 décembre, annonçant avoir renversé le président Patrice Talon. En réalité, celui-ci, défendu par l’armée béninoise, n’avait jamais été arrêté et le putsch a été déjoué dans la journée avec l’appui des alliés nigérians et français.
Ce jour-là, Kemi Seba a salué dans une vidéo « le jour de la libération » de son pays. Farouche opposant de Patrice Talon, il avait été brièvement interpellé en 2019 et en 2023, lors de passages au Bénin.
En octobre 2024, Kemi Seba avait été placé en garde à vue en France en raison de soupçons de « liens » avec le groupe paramilitaire russe Wagner, puis relâché, même si l’enquête du parquet de Paris se poursuivait encore récemment.
Il était notamment interrogé sur des soupçons « d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère (…) de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».
Un an plus tôt, plusieurs médias avaient publié les Wagner Leaks, issus d’un piratage de documents internes au groupe paramilitaire Wagner, qui indiquaient que son fondateur Evgueni Prigojine, depuis décédé, avait financé et guidé certaines actions de Kemi Seba en Afrique entre 2018 et 2019.
Le Bénin fait partie de six nouveaux États listés par l’organisation américaine Freedom House comme s’étant livrés à des pratiques de répression transnationale, selon un rapport publié jeudi.
Patrice Talon ne pouvant se représenter après deux mandats, son ministre des Finances Romuald Wadagni, candidat de la majorité a été élu sur un score écrasant de 94 % lors de l’élection présidentielle de dimanche.
Avec AFP
Source:
www.france24.com




