Une lettre ministérielle révèle des défaillances majeures dans le traitement des signalements de violences sexuelles touchant des mineurs. Le courrier, envoyé par Gérald Darmanin à son homologue Laurent Nuñez et rendu public par Le Monde, rassemble des remontées provenant de 37 parquets généraux. Ces comptes rendus mettent en lumière une série de dysfonctionnements organisationnels et opérationnels affectant la prise en charge des victimes et le suivi des enquêtes.
Parmi les éléments signalés figurent des dossiers laissés de côté ou introuvables, parfois alors que des auteurs avaient été formellement identifiés. Les magistrats rapportent également des lacunes en matière de compétence des personnels chargés du suivi des affaires : enquêtes incomplètes, absence d’archivage cohérent ou insuffisance de formation aux spécificités des infractions commises sur des mineurs. Ces constats, consignés dans le courrier ministériel, font apparaître des ruptures dans la chaîne judiciaire et administrative censée protéger les victimes.
La portée de ces dysfonctionnements dépasse le seul registre administratif. Lorsque des procédures n’aboutissent pas ou sont interrompues, les victimes risquent de ne pas obtenir réparation et de subir une double violence — l’agression initiale et l’échec du traitement judiciaire — tandis que la reconnaissance et la poursuite des auteurs peuvent être compromises. Le signalement émanant de 37 parquets généraux invite à mesurer la fréquence et la dispersion de ces problèmes sur le territoire, ainsi que leurs conséquences pour la confiance publique envers les institutions judiciaires.
Le caractère interne du document et son envoi aux ministres traduisent une prise de conscience institutionnelle de la gravité des faits recensés. Le rendu public du courrier par la presse ouvre la question des suites administratives et judiciaires attendues, ainsi que des mesures nécessaires pour sécuriser les procédures et renforcer les compétences des services impliqués. À défaut d’éléments nouveaux dans le courrier lui-même, le contenu publié pose désormais un impératif d’éclaircissement et de mise en cohérence des réponses apportées aux violences commises contre les mineurs.






