Les premier et second tours de l’élection présidentielle auront lieu respectivement le 18 avril et le 2 mai 2027. Ce choix du chef de l’État, validé en Conseil des ministres ce mercredi, est décrié par les oppositions.
À la date du dimanche 18 avril 2027, le calendrier catholique indique la Saint-Parfait. En politique, rien ne l’est jamais. En choisissant ce jour-là pour le premier tour de l’élection présidentielle et le dimanche 2 mai pour le second, Emmanuel Macron s’est attiré les foudres des oppositions.
De droite d’abord. « C’est une manœuvre du président » a dénoncé Sébastien Chenu, lors d’une conférence de presse au Palais-Bourbon. Selon le vice-président RN de l’Assemblée nationale, un vote « juste après les défilés du 1er Mai qui ont quelques connotations politiques n’est pas particulièrement judicieux si on veut respecter le silence électoral ».
Se rendre aux urnes au lendemain de la Fête du Travail, célébrée principalement par les organisations syndicales et les partis de gauche, favoriserait-il ces derniers ? Bruno Retailleau en est également persuadé. Ce mercredi matin, sur Europe 1, le patron des Républicains, « en colère », a fustigé une décision « pas neutre ». « C’est le choix de la gauche parce que la gauche pense qu’un second tour après le 1er Mai, ça l’avantagera », explicitait-il.
« Ça fait ch… de faire le 1er Mai sous trêve électorale »
Mais de l’autre côté de l’échiquier politique, les Insoumis, en capacité d’accéder à ce second tour selon les sondages, martèlent l’argument inverse. « Ça fait ch… de faire le 1er Mai sous trêve électorale », déplore un cadre LFI. La veille d’un scrutin, les candidats et leurs lieutenants ont, en effet, interdiction de faire campagne, et ne pourront pas ainsi prendre la parole au sein des cortèges.
« Quelle que soit la décision, elle aurait été critiquée. Ça témoigne d’une grande fébrilité de certains candidats », réplique un proche d’Emmanuel Macron. Au vu des règles constitutionnelles, le président avait deux fenêtres de tir : soit les 11 et 25 avril, soit l’option choisie. « Dans les deux cas, ce sont des périodes de vacances scolaires. Mais le 2 mai, une seule zone sera concernée, et encore, ce sera la veille de la rentrée. Donc il y aura plus d’électeurs », justifie-t-on à l’Élysée. Autre argument : Emmanuel Macron a souhaité éviter un délai trop long entre l’élection de son successeur et son entrée en fonction, le 14 mai.
Une consultation en amont avec les partis
À la sortie du Conseil des ministres, ce mercredi, la porte-parole du gouvernement a rappelé que « les dates ont été entérinées après une consultation des partis politiques » au ministère de l’Intérieur. « On peut polémiquer sur beaucoup de choses, mais bon, là… » répondait, un brin exaspéré, Maud Bregeon.
Toujours dans le calendrier des saints, le 2 mai correspond à la fête des Athanase. Le prénom signifie « immortel » en grec ancien. Au moment de quitter l’Élysée, Emmanuel Macron y voyait-il un symbole ?
Source:
www.leparisien.fr






