Comme d’habitude, le président américain a lancé son message sur le réseau social Truth, avec son ton péremptoire caractéristique et un usage décomplexé des majuscules. “Les États-Unis vont frapper l’Iran (dont la marine, l’armée de l’air, les radars, les défenses antiaériennes et tous les autres moyens de défense, ainsi que la majeure partie de ses capacités offensives, ont DISPARU !) TRÈS FORT CE SOIR”, s’est exclamé le locataire de la Maison-Blanche, dont The Wall Street Journal relaye les propos.
« Faire comme au Venezuela »
Après les bombardements de ces derniers jours, l’armée américaine s’apprêterait donc à enterrer encore un peu plus le souvenir de la trêve entre Washington et Téhéran entrée en vigueur le 8 avril. Et ce n’est pas tout. Irrité par la stagnation des négociations avec l’Iran, Trump s’est projeté dans le moyen terme en assurant que, “dans un avenir pas si lointain”, les États-Unis prendraient “le contrôle de l’île de Kharg et d’autres sites d’infrastructures pétrolières”. Voire “le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz, à l’instar de ce que [les États-Unis ont] fait au Venezuela”.
Est-on en train d’assister aux prémices d’une nouvelle escalade dans le conflit, au vu du fait que Téhéran n’a pas hésité non plus à répliquer aux attaques états-uniennes par des bombardements d’installations militaires américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie ? Ce qui est sûr, argumente le média économique, “c’est que la prise de l’île de Kharg, qui est le principal terminal d’exportation de l’Iran, qui traite environ 90 % des expéditions de pétrole du pays, constituerait une escalade significative dans le conflit. Et celle-ci nécessiterait probablement l’intervention de troupes terrestres.”
“Un risque considérable de pertes américaines”
L’emploi du conditionnel est nécessaire car, comme le souligne The New York Times, ce n’est pas la première fois que le locataire de la Maison-Blanche menace l’île de Kharg. Problème, jusqu’ici “l’Iran n’a jamais été dupe de son bluff” et, de ce fait, Trump se voit presque obligé d’agir militairement désormais. Et ce dans un contexte où il dispose de “peu d’options faciles”, argumente le média opposé au président américain. “Les États-Unis disposent de stocks d’armes à longue portée dangereusement faibles, et la prise de Kharg comporterait un risque considérable de pertes américaines”, note le journal progressiste. Avec tout ce que cela implique en matière de chute potentielle de popularité.
Trump semble d’ailleurs en être parfaitement conscient. La preuve en est, relate The Washington Post, que, “peu après avoir publié son message, il a déclaré à Fox News que sa ‘préférence’ avait toujours été de s’emparer de l’île de Kharg”, mais qu’il ne savait pas si “les Américains [avaient] l’estomac assez accroché pour ça”. Voilà qui constitue, aux yeux du média de la capitale, “une apparente reconnaissance du caractère profondément impopulaire d’une guerre qui a conduit à la hausse des prix de l’énergie partout dans le monde”.
Source:
www.courrierinternational.com






