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Violences dans le périscolaire : premier procès d’un animateur d’une école parisienne

Un animateur d’une école parisienne, poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs, sera jugé mardi 5 mai lors du premier procès pour violences dans le périscolaire depuis que le scandale a éclaté dans la capitale, mettant au jour un problème vraisemblablement d’ampleur nationale.

L’animateur âgé de 47 ans comparaît en correctionnelle pour harcèlement sexuel sur neuf fillettes et agression sexuelle sur trois d’entre elles, des délits faisant encourir jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Selon une source judiciaire, plusieurs parents d’élèves d’une classe de cm2 de l’école Titon, dans le 11e arrondissement (est), avaient déposé plainte à la suite de propos et comportements rapportés par leurs enfants, âgés de 10 ans, signalant des câlins forcés, des surnoms et mimes déplacés, voire des attouchements. L’agent a été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire.

Depuis début 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique », selon le nouveau maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire.

Face à l’ampleur du scandale, l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo a engagé à la mi-avril un plan d’action d’un coût de 20 millions d’euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat. Il prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d’écoute dédiée et promet une « transparence totale » aux familles ainsi qu’une professionnalisation d’une filière précarisée – la grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires.

« Rien n’a changé »

Des engagements salués par les collectifs de parents, mais qui s’inquiètent que « rien » n’ait « changé » pour l’instant. « Nos enfants ne sont pas mieux protégés aujourd’hui qu’hier », ont écrit au début des vacances scolaires des parents du 10e arrondissement dans une lettre à Emmanuel Grégoire signée par plus de 2 600 soutiens dont le collectif SOS Périscolaire.

Ils exigent « la mise en œuvre immédiate de mesures simples », comme l’instauration de « binômes mixtes » pour que plus aucun adulte ne se retrouve seul avec des enfants. Ils demandent aussi une meilleure identification des équipes avec un affichage des trombinoscopes complets, alors que les visages sont souvent remplacés par des avatars, compliquant la traçabilité.

« Dans les écoles du 11e arrondissement, les mesures d’urgence, on ne les voit pas. Les parents ne savent toujours pas qui gère quoi ! », s’emporte Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooEcole.

Le 11e arrondissement a été l’épicentre de la crise, avec des révélations en cascade depuis 2025. Cette concentration de cas, qui a également touché une école maternelle du 7e arrondissement, soulève des interrogations sur des dysfonctionnements dans le recrutement et le contrôle propres aux circonscriptions des affaires scolaires (Caspe), échelon local de la Direction des affaires scolaires (Dasco) de la ville de Paris.

« vade-mecum national »

Mais ces violences ne concernent pas que la capitale, souligne Barka Zerouali, qui reçoit « des signalements de partout en France à mesure que la parole se libère ». Dans les Hauts-de-Seine, la préfecture évoque 45 signalements depuis la rentrée 2025-2026, dont 25 pour des violences sur mineurs. Le 21 avril, un animateur d’un centre de loisirs de Guyancourt (Yvelines), soupçonné de viol sur une fillette de 3 ans, a été suspendu.

Les données nationales sont néanmoins difficiles à établir, faute d’une « communication aux élus des signalements auprès du procureur de la République, des services préfectoraux ou des directions académiques », explique Antoine Jouenne, co-président de la commission éducation de l’Association des maires de France (AMF).

Les parquets peinent par ailleurs à distinguer ce qui relève du périscolaire parmi les signalements et plaintes reçus.

La Ciivise (Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants) recommande un « circuit unique de signalement » et la création d’un « vade-mecum national » expliquant clairement « les démarches à effectuer » en cas de situation préoccupante, alors que le secteur périscolaire est « très hétérogène et dépend des collectivités territoriales ».

Les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole exigent des mesures nationales et une approche interministérielle.

À Paris, les syndicats de la profession dénoncent une « politique de répression de la municipalité » qui pratique, selon eux, des « suspensions automatiques » dans une filière en « sous-effectif chronique ». Ils appellent à la grève entre le 11 et le 22 mai, et à manifester le 19 mai devant la Dasco.


Source:

www.la-croix.com

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