Avec 2 100 milliards d’euros placés, les contrats d’assurance-vie, représentent un véritable poids lourd de l’épargne. Dotée de caractéristiques juridiques et fiscales inégalées et d’un fonds en euros à toute épreuve, elle a su séduire les Français. Le rebond de la collecte observée depuis deux ans montre que ces derniers la plébiscitent toujours. Cette place à part dans le patrimoine des ménages en fait aussi un produit avec lequel il faut compter du côté des autorités, d’autant qu’il finance à coups de milliards d’euros la dette de l’Etat et ses ambitions dont celles autour de la défense. Ce statut n’est pas sans susciter des convoitises. Courtiers, mutuelles, fintechs… De nombreux acteurs se lancent chaque année avec leur contrat pour essayer de capter une petite part de ce gâteau. Pour un succès variable tant l’offre est désormais abondante et concurrentielle. D’autres préfèrent la fustiger, en mettant l’accent sur son coût. Un tacle mérité mais qui tend à s’améliorer, sous la pression de Bruxelles en particulier.
Un bon contrat doit avant tout s’adapter à votre profil d’épargnant. Faites fi du discours marketing des compagnies et étudiez posément les caractéristiques de l’enveloppe proposée avant de souscrire. Investir dans une assurance-vie revient à signer un contrat avec une compagnie d’assurances. Ses engagements se trouvent renseignés dans la notice contractuelle vous liant l’un à l’autre. Inutile de vouloir tout comprendre à ce document jargonneux et indigeste. Consultez toutefois a minima ses premières pages, qui incluent un encadré énumérant les garanties essentielles et les frais pris par l’assureur. Ensuite, fiez-vous à quelques critères clés.
Notre sélection : 18 assurances-vie solides et efficaces
© / L’Express
Au commencement, les seuils d’accès
Commencez par vous intéresser aux seuils d’accès. Beaucoup de produits s’ouvrent avec un versement de 200 à 500 euros, mais certains dits « haut de gamme » nécessitent 10 à 100 fois plus. Si vous comptez effectuer des versements programmés (tous les mois par exemple), le minimum exigé est-il en adéquation avec votre capacité d’épargne ? Faites-vous préciser ces informations avant d’aller plus loin, et vérifiez en passant que vous pouvez retirer vos capitaux librement, sans pénalités.
Ensuite, prenez le temps d’examiner les frais, véritable talon d’Achille de ce placement. Le juste prix d’un contrat doit vous obséder, tant cela pèse sur la valorisation de l’épargne dans la durée. Ceux pris sur les versements restent les plus visibles puisqu’ils réduisent d’emblée le montant investi. La ponction maximale se situe autour de 5 % et le taux moyen constaté autour de 2 %. Mais vous trouverez sans difficulté des contrats sans frais d’entrée, notamment sur Internet ou dans certaines mutuelles. Bon à savoir : ces chargements sont négociables avec votre conseiller.
Comparez les offres
Moins visibles mais pesants sur la durée car appliqués annuellement, les frais de gestion se traduisent par une ponction sur votre capital. Comptez 0,80 % en moyenne sur le fonds en euros, un taux qui viendra réduire le rendement servi, et 0,90 % sur les unités de compte (qui réduira le nombre de parts détenues par l’assuré). Visez moins, sauf à bénéficier d’un suivi personnalisé pour le prix payé.
Bien d’autres frais émaillent les assurances-vie. Vous y accéderez dans la notice contractuelle, mais aussi dans une fiche standardisée obligatoirement présente sur le site Internet de l’assureur (pas toujours simple à trouver, toutefois). Un document précieux pour comparer les offres entre elles.
Passons au cœur du réacteur : les supports financiers sur lesquels votre épargne sera investie. Point de départ, le fonds en euros reste le pilier de tout contrat. Avec sa garantie en capital, lui seul permet de sécuriser votre épargne. En 2025, le taux de rendement moyen du marché s’élevait à 2,6 % net, hors prélèvements sociaux. Mais bien des contrats de qualité ont affiché 3 % ou plus l’an dernier. Attention, ce rendement a pu être attribué sous condition d’avoir placé une part de son capital sur des fonds risqués. Validez la compatibilité de cette contrainte avec votre profil d’épargnant. Ne vous laissez pas non plus éblouir par les bonus, peu significatifs pour un placement de long terme. Il faut viser une performance de qualité dans le temps. Sur cinq ans (2021-2025), le taux moyen du marché ressort à 11,50 % (hors taxes sociales), mais les meilleurs contrats ont servi 15 % voire plus. Ceux sous la moyenne doivent être écartés sans hésitation.
Une large palette de supports pour diversifier son épargne
Le fonds en euros n’est pas tout, loin de là. L’assurance-vie permet de diversifier son épargne sur une large palette de supports financiers. Ces produits s’avèrent indispensables pour viser plus de performances à moyen-long terme. Une annexe financière que doit vous remettre votre interlocuteur vous renseignera sur le choix proposé. L’offre doit vous correspondre. Bien souvent, avoir accès à une vingtaine de fonds sera suffisant, si on y trouve l’essentiel des classes d’actifs (actions, obligations, immobilier…) et plusieurs sociétés de gestion référencées. La présence d’un fonds euro-croissance, bien géré, reste un atout supplémentaire. Les offres plus larges (jusqu’à 1 000 fonds), essentiellement proposées par les conseillers en gestion de patrimoine indépendants, sur Internet ou via les banques privées, sont à cibler par les épargnants plus avertis ou… bien conseillés.
Jetez aussi un œil attentif à l’option de gestion pilotée, aujourd’hui généralisée dans tous les contrats. Elle consiste à confier à des experts la gestion de votre argent. Si le concept semble intéressant, faites-vous préciser les performances nettes de frais sur plusieurs années avant de vous lancer. Sachez que les profils les plus défensifs n’ont pas fait vraiment mieux que les fonds en euros dans le passé, l’audace se révélant plus payante. Attention, outre qu’elle vous vaudra des frais supplémentaires (0,25 % par an en moyenne), la gestion pilotée repose sur des appellations (prudent, équilibré, dynamique, offensif…) pouvant aboutir à des niveaux de risque différents selon les assureurs. Il faut donc vérifier la composition des portefeuilles correspondants.
Bien lire les notices contractuelles
Ces différentes vérifications vous permettront de dénicher un contrat clair et accessible, aux frais limités et doté de solutions financières adéquates : c’est le triptyque d’une bonne assurance-vie. Reste l’après, une fois le contrat souscrit. Comment pourrez-vous gérer votre contrat ? Quels seront les délais de traitement de vos opérations ? Qui contacter en cas de besoin ? Et comment ? Ne sous-estimez pas l’importance du service après-vente, d’autant que vous allez probablement conserver votre contrat des années durant. Par exemple, certains établissements permettent de faire une demande de retrait en ligne, depuis votre compte client, et vous recevrez votre dû sur votre compte bancaire sous trois à cinq jours. Chez d’autres, il vous faudra faire une demande par courrier et attendre le paiement plusieurs semaines. Attention, la notice contractuelle n’est pas bavarde sur ce sujet, les compagnies prenant peu d’engagements tangibles sur les délais notamment.
Enfin, ciblez une assurance-vie durable dans le temps. Le marché regorge de contrats sans lendemain, vite remisés au profit d’un nouveau produit. En la matière, le passé éclaire beaucoup l’avenir, donc renseignez-vous sur l’historique du contrat proposé et sur la politique commerciale de l’assureur.
Source:
www.lexpress.fr




