La situation à bord du navire MV Hondius, reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert, inquiète depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, le 4 mai 2026, de trois morts liés à un possible foyer d’infection à hantavirus. Le navire n’a même pas été autorisé à accoster au port de la capitale cap-verdienne Praia et ses passagers ne pourront donc pas débarquer, afin de « protéger la population cap-verdienne », ont indiqué les autorités sanitaires du pays.
« A ce jour, un cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire, et cinq autres cas sont suspectés. Sur les six personnes affectées, trois sont décédées et une se trouve actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud », avait auparavant indiqué l’OMS à l’AFP.
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Qu’est-ce qu’un hantavirus ?
Il n’existe pas un mais des hantavirus. Ces virus sont présents chez certains rongeurs « vivant dans les forêts et parfois, dans les bâtiments avoisinants », peut-on lire sur le site du ministère de la Santé. Le pathogène se retrouve en grande quantité dans leur salive, leurs urines et leurs déjections.
Le ministère compte quatre types de virus différents responsables de maladies transmissibles chez l’Homme : Puumala, de Hantaan, de Séoul, et le virus Sin nombre. On trouve des hantavirus dans le monde entier, également en Europe.
Dans le cas du navire de croisière, l’OMS indiquait que le séquençage du virus était actuellement en cours, ce qui permettrait de l’identifier plus finement.
Comment est-on infecté par un hantavirus ?
Nous l’avons dit : les hantavirus se trouvent naturellement chez les rongeurs (comme les rats et les souris) et dans leurs excrétions. Les humains peuvent donc être infectés « en inhalant des gouttelettes de salive ou d’urine en suspension dans l’air, ou des poussières d’excréments » laissées par ces animaux.
L’infection par contact direct entre un élément contaminé et de la peau abîmée ou par ingestion d’aliments ou d’eau contaminés est possible, mais ce cas de figure est bien plus rare. Et ces virus peuvent aussi se propager par des morsures et des griffures de rongeurs, mais là encore, c’est inhabituel.
Par ailleurs, l’OMS a déclaré de son côté que « bien que rare, le hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves ». Selon le site internet de l’Office fédéral de la santé publique suisse, « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre ».
Quels sont les symptômes d’une infection à hantavirus ?
Les hantavirus sont des pathogènes pouvant causer des maladies extrêmement sérieuses voire mortelles. Ils sont responsables de la fièvre hémorragique à syndrome rénal (infection qui peut être contractée en France) et du syndrome pulmonaire à hantavirus.
Ce dernier s’attaque aux poumons et débute de une à huit semaines après l’infection par un rongeur. Initialement, il provoque principalement de la fièvre, de la fatigue et des douleurs musculaires. Des symptômes qui peuvent être facilement confondus avec ceux de la grippe. Ensuite, les symptômes tardifs comprennent de la toux et un essoufflement. Les poumons se remplissent de liquide. 38% des personnes infectées développant des symptômes respiratoires peuvent en mourir.
Concernant la fièvre hémorragique à syndrome rénal, elle infecte quant à elle le foie et se déclare généralement de une à deux semaines après le contact avec le rongeur. Au début de l’infection, elle conduit à des maux de tête intenses, des douleurs dorsales et abdominales, de la fièvre, des nausées et des troubles de la vision. Ensuite viennent une baisse de la pression sanguine, une hémorragie interne et une insuffisance rénale aiguë. Selon le virus en cause, la mortalité peut aller de 5% à 15% ou être inférieure à 1%. « La fièvre hémorragique avec syndrome rénal est une infection le plus souvent bénigne, parfois asymptomatique », assure tout de même le ministère de la Santé.
Existent-ils des traitements contre les hantavirus ?
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains, il n’y a pas de traitements pour une infection contre ces virus. « Les patients doivent bénéficier de soins de soutien, notamment du repos, une hydratation adéquate et un traitement des symptômes », est-il noté sur leur site internet.
Les patients atteints en particulier par le syndrome pulmonaire à hantavirus peuvent avoir besoin d’être intubés. Quant à ceux atteints plutôt par la fièvre hémorragique à syndrome rénal, ils peuvent avoir besoin de dialyses afin d’éliminer les toxines qui s’accumulent dans leur sang.
Quelles précautions prendre pour éviter une infection par un hantavirus ?
La précaution la plus simple et efficace pour éviter une contamination par un hantavirus est d’éviter le contact avec des rongeurs sauvages, vivants comme morts. Pour cela, il peut être nécessaire de boucher les passages par lesquels ils pourraient pénétrer dans une habitation. Il est aussi nécessaire de ne pas rendre les réserves de nourriture trop facilement accessibles.
Si vous êtes en France et que vous présentez les symptômes de la fièvre hémorragique à syndrome rénal, consécutifs à une activité notamment en forêt ou dans une habitation restée inoccupée, il est important de contacter un médecin.
Source:
www.sciencesetavenir.fr




