Trois passagers décédés, un malade hospitalisé en soins intensifs en Afrique du Sud et au total six cas confirmés ou suspectés recensés à bord du MV Hondius : le foyer de syndrome respiratoire aigu signalé ce week-end par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur ce navire de croisière naviguant dans l’Atlantique interroge les experts. Car le virus suspecté, un hantavirus, n’est pas connu pour se propager facilement d’une personne à l’autre. Alors comment expliquer que six personnes aient développé des symptômes graves au sein d’un même bateau ?
Qu’est-ce que le hantavirus, ce virus respiratoire qui peut être foudroyant ?
Les hantavirus sont des virus zoonotiques présents chez certaines souris et certains rats sauvages. L’être humain se contamine le plus souvent en inhalant des poussières souillées par leurs urines, leurs excréments ou leur salive.
L’infection commence généralement comme une grippe banale : fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête. Mais elle peut ensuite évoluer brutalement vers une atteinte pulmonaire sévère, avec détresse respiratoire aiguë, ou vers une forme hémorragique avec atteinte rénale.
En France, les infections à hantavirus restent exceptionnelles, avec un peu plus d’une centaine de cas identifiés en moyenne chaque année. Elles concernent majoritairement le virus Puumala, la souche la plus fréquente en Europe de l’Ouest.
Selon le Centre national de référence des hantavirus de l’Institut Pasteur, la sévérité varie fortement selon l’espèce virale : les formes européennes affichent une létalité pouvant débuter autour de 0,4 %, tandis que d’autres hantavirus peuvent provoquer des syndromes cardio-pulmonaires d’apparition brutale bien plus graves.
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Le grand public avait d’ailleurs redécouvert ce virus en 2025 après le décès de Betsy Arakawa, l’épouse de Gene Hackman, emportée par un syndrome pulmonaire à hantavirus aux États-Unis.

Un hantavirus, transmis par des rongeurs infectés, peut provoquer chez l’Homme de graves maladies respiratoires ou hémorragiques. © freshidea, Adobe Stock
Pourquoi six cas groupés sur un même bateau interrogent les experts
C’est précisément parce que ce virus circule habituellement depuis l’environnement animal vers l’humain que ce regroupement intrigue les épidémiologistes.
« La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections, salive). Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes », indique le site de l’Agence nationale de santé publique française.
Autrement dit, voir apparaître un cas confirmé au sein d’un cluster de six passagers gravement malades dans un espace clos n’a rien d’habituel. Cela ne signifie pas que les six personnes souffrent nécessairement de la même infection, mais la coïncidence est suffisamment inhabituelle pour justifier des investigations approfondies.
L’OMS a indiqué de nouveaux tests biologiques, une enquête épidémiologique détaillée ainsi qu’un séquençage du virus détecté chez le patient hospitalisé. L’objectif est double : confirmer l’origine exacte des autres contaminations et déterminer pourquoi cette infection rarissime se retrouve aujourd’hui au cœur d’un cluster mortel en pleine mer.

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En clair, ce n’est pas seulement la présence d’un hantavirus qui alarme aujourd’hui les autorités sanitaires, mais bien le fait que plusieurs passagers aient développé des formes graves dans un même espace confiné alors que ce virus circule habituellement de manière beaucoup plus dispersée.
Source:
www.futura-sciences.com




