Concepteur de vélos électriques fonctionnant avec une pile à combustible à hydrogène, la société française Pragma Industries est entrée en liquidation judiciaire et recherche un repreneur pour continuer l’activité.
Difficile de faire concurrence à la technologie actuelle des batteries lithium-ion dans la mobilité. Chez les vélos électriques, comme pour la voiture électrique, l’hydrogène s’est présenté comme une alternative, mais réservée à quelques rares projets. L’un d’eux est celui de Pragma Industries, dont l’aventure se complique.
Les vélos à hydrogène Pragma en liquidation
C’est le directeur Programme et industriel de l’entreprise basque, Jean-Marc Remise, qui l’a annoncé. “J’ai le regret de vous informer que Pragma industrie est entré hier en procédure de liquidation judiciaire”, explique-t-il sur Linkedin, “certains aléas commerciaux et un contexte sectoriel Français en forte dégradation ont pénalisé nos perspectives ces dernières semaines”.
La procédure n’est pas une surprise totale : un redressement judiciaire avait été ouvert fin juin 2025 par le tribunal de commerce de Bayonne, sans qu’un plan de continuation n’aboutisse. La liquidation a été prononcée lundi, mettant fin à la mission de l’administrateur. Fondée en 2004 et basée à Biarritz, l’entreprise comptait parmi les pionnières françaises de la pile à combustible appliquée à la mobilité légère, avec des passages remarqués au G7 de Biarritz et au CES de Las Vegas en 2019.

Pragma Industries, à travers Pragma Mobility, a commercialisé des vélos à hydrogène depuis 2017, dont la seconde génération Alpha NEO de 2022. Ils fonctionnent avec le principe de la pile à combustible qui transforme l’hydrogène, contenu dans une bonbonne à remplir en quelques minutes, en électricité. Elle avait notamment fait parler d’elle récemment avec le VTT à hydrogène Alp’Hy conçu avec Mizea, et le triporteur à hydrogène VUF H2 réalisé avec VUF Bikes.
Sur le papier, la promesse du vélo à hydrogène reste séduisante : recharge en deux minutes pour 100 à 150 km d’autonomie, soit l’équivalent d’un plein de carburant pour un usage professionnel intensif. Mais Pragma n’a jamais réussi à passer du démonstrateur à la production de masse rentable, faute d’un réseau de stations de recharge hydrogène suffisamment dense et face au coût d’achat (5 690 € HT pour l’Alpha NEO en 2023, contre 2 000 à 3 000 € pour un VAE classique haut de gamme).

Les dirigeants indiquent “échanger avec de potentiels repreneurs pour permettre une reprise de l’activité”. En effet, cette liquidation judiciaire ne signifie pas la fin de Pragma Industries, ni du vélo à hydrogène. D’autres modèles sont disponibles comme les Velhy, tandis que le projet Boon H2 de HubUR semble ne pas avoir de suite.
Les alternatives au lithium-ion à la peine ?
Cette liquidation montre la quasi-impossibilité de lutter face au monopole du lithium-ion dans le vélo électrique. La technologie des supercondensateurs est aussi très rare, chez de petits fabricants comme Anod et Pi-Pop (encore des Français !).

Enfin, le lithium-ion pourrait connaître la concurrence d’une nouvelle génération, celle des batteries semi-solides. Elle doit arriver dès cet été sur le Ride1up Revv1 EVO, chez Brompton en 2027 et prochainement chez Giant, avec de nombreux avantages.
Source:
www.frandroid.com




