Pierre Sage, en conférence de presse, sur son coup de gueule après le match nul de Lens face à Brest: « Les joueurs se sont vraiment sentis visés, je m’en suis ouvert à eux et à l’ensemble du groupe. Je vais comparer ça à une situation de conflit dans une famille. Ça arrive souvent, au moment où il faut se répartir l’héritage, il y a beaucoup de conflits dans les familles, à ce moment-là on voit vraiment le niveau d’amour. Ce n’est pas parce qu’il y a un conflit dans un système que celui-ci est forcément ébranlé. A l’inverse, il doit trouver sa ressource à l’intérieur. Quand le patriarche déconne, puisque ça a été le cas, j’y suis vraiment allé très très fort, je dois aussi montrer aux joueurs et au groupe que je les aime beaucoup et qu’on a beaucoup de choses à défendre encore. »
« J’aurais pu jouer sur le timing en disant que les joueurs n’ont pas le temps et pas le choix, il y a tellement de beaux objectifs à atteindre. Mais ce sont tellement des bons gars que je ne pouvais pas laisser ça sous silence. Je me suis donc permis de leur donner ma position par rapport à la situation générale, je me suis aussi permis de leur donner ma position individuelle par rapport aux reproches que je leur avais faits. Ce n’est pas parce qu’on engueule quelqu’un ou qu’on affiche quelqu’un qu’on ne l’aime pas. Il y a toujours un lendemain aux choses, et là il y a de beaux lendemains à vivre ensemble. »
« C’est une période. A Lille, pour moi il a manqué des choses, à Brest il a forcément manqué beaucoup de choses. De temps en temps, mon rôle c’est de distribuer des bonbons. De temps en temps, c’est aussi de taper. Et de taper peut-être fort, peut-être maladroitement, je le conçois. Je reste quelqu’un d’humain, entier, honnête et transparent. De temps en temps c’est très bien, de temps en temps c’est très mal. Je sais reconnaître aussi quand c’est très mal. Et là pour le coup, c’était très très mal. »
« Si j’ai la même analyse de la première période en ayant revu le match? Pire. Cela m’a renforcé dans la question ‘comment peut-on être menés 3-0’. Même si le match qu’on a livré n’était pas à la hauteur, le score était tellement loin de la différence entre les deux équipes à ce moment-là que c’est peut-être ça qui m’a plongé dans cette colère noire. Malgré tout en deuxième période, on se rend compte que quand on a pris les choses en main, avec un peu plus d’efficacité défensivement dans les transitions et sur le plan offensif dans le déséquilibre et la finition, on a pu revenir au score. On aurait même pu aller chercher la victoire. »
« Certains joueurs l’ont mal pris et c’est normal. Mais je fais toujours la distinction entre le joueur et l’homme. Même quand je tape très fort sur le joueur, j’ai toujours beaucoup de respect pour l’homme. Parce qu’au quotidien, si je n’avais pas la possibilité de travailler avec certains, ils l’auraient déjà compris depuis très longtemps. A l’inverse, ils ont peut-être découvert une facette de moi qui me sort de l’image qu’on me donne du gendre idéal et de l’éducateur de jeunes. Lorsque la compétition nous amène à être dans une exigeance maximale, il est possible que de temps en temps je sorte de mes gonds. Et que je sois capable de dire que c’était nécessaire mais aussi que j’ai déconné pour faire en sorte que le bateau continue à avancer tranquillement sur sa trajectoire. Je n’ai pas l’impression que le navire tangue. Bien au contraire. »
« Derrière tout ça il y a surtout une discussion franche, sincère. L’important c’est de se dire les choses. De temps en temps ça fait très mal mais ça amène aussi la possibilité de se dire d’autres choses nécessaires et qui étaient peut-être un peu plus profondes. »
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rmcsport.bfmtv.com




