Leader européen des missiles, MBDA affiche un carnet de commandes de 44 milliards d’euros, selon ses dernières communications financières, avec une activité en nette progression. L’entreprise domine des segments clés comme la défense aérienne ou les systèmes anti-missiles. Sur le papier, la solution semble évidente : passer par ses actionnaires cotés pour profiter de sa croissance. Mais cette stratégie, souvent évoquée, s’avère en pratique bien moins efficace qu’elle n’en a l’air.
Un accès indirect… mais peu rémunérateur
Investir via Airbus, BAE Systems ou Leonardo permet bien de se positionner indirectement sur MBDA. Mais l’effet reste dilué. « Oui, on peut investir indirectement… mais l’impact sera très limité », souligne Mathieu Hachemkhani, conseiller en gestion de patrimoine chez Ferless Conseil.
En cause : le poids réel du missilier dans l’activité de ces groupes. MBDA représente moins de 10 % de leur chiffre d’affaires. Cette dilution s’explique par la structure même de ces entreprises. Airbus reste très dépendant de l’aviation civile, tandis que BAE Systems et Leonardo couvrent un large éventail d’activités dans la défense. La performance de MBDA, aussi dynamique soit-elle, ne suffit donc pas à entraîner mécaniquement celle de leurs actions.
« On ne capte qu’une petite partie de la performance », résume-t-il. D’autant que ces entreprises répondent à des logiques différentes : Airbus reste très diversifié, tandis que BAE Systems et Leonardo sont davantage orientés défense, avec un profil potentiellement plus volatil.
ETF défense : une alternative plus cohérente
Pour réellement miser sur le secteur, les experts privilégient d’autres approches. Les ETF spécialisés défense permettent d’investir dans un panier d’industriels, tout en mutualisant le risque. « C’est plus sécurisant que de miser sur une seule valeur », explique Mathieu Hachemkhani.
Ces fonds incluent plusieurs acteurs du secteur, ce qui offre une exposition plus large à la dynamique globale. Ils sont accessibles via un compte-titres, parfois un PEA selon leur éligibilité, ou encore une assurance vie, en fonction des supports disponibles.
Un secteur porteur, mais à manier avec prudence
Reste la question du timing. Avec des valorisations élevées, jusqu’à 30 fois certains résultats estimés, le secteur intègre déjà une partie des anticipations. « On achète aujourd’hui un prix qu’on espère demain », illustre le conseiller.
Cette question du timing est d’autant plus centrale que le secteur de la défense a déjà fortement progressé ces dernières années, porté par la hausse des budgets militaires en Europe. Une dynamique qui pourrait se poursuivre, mais qui rend aussi les points d’entrée plus exigeants pour les investisseurs.
Dans ce contexte, les professionnels restent mesurés. L’exposition à la défense ne représente généralement que quelques pourcents d’un portefeuille diversifié. « C’est un secteur très volatile, donc on reste exposé mais faiblement », précise-t-il.
« Investir dans la défense aujourd’hui, c’est parier sur le fait que ça ne s’arrange pas ». Un pari lucide dans le contexte actuel, mais qui impose de rester particulièrement mesuré sur les montants engagés.
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Source:
www.capital.fr




