Dès la Préhistoire, l’histoire humaine a été façonnée par les migrations. Mais les forces qui ont poussé les premiers humains à se déplacer au fil du temps restent mal comprises. Si le climat est souvent considéré comme le facteur principal ayant façonné l’organisation spatiale des premiers groupes humains, des données génétiques et archéologiques laissent penser que d’autres facteurs auraient pu également entrer en jeu.
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Le rôle des maladies dans les migrations humaines pourrait ainsi avoir été négligé. De façon générale, on ne sait cependant pas exactement comment les maladies, et notamment le paludisme, ont influencé le comportement et la démographie chez les premiers humains.
Le paludisme, une maladie déjà présente à la Préhistoire
Le paludisme est une maladie infectieuse causée par un parasite, Plasmodium falciparum, qui est l’un des plus mortels de nos jours. chaque année, 263 millions de cas sont recensés. Par les études génétiques, on sait que cette maladie était déjà présente au Pléistocène et a fortement influencé l’évolution d’Homo sapiens.
La mutation du gène responsable de la drépanocytose, qui assure une protection partielle contre le paludisme, serait ainsi apparue il y a 25 000 à 22 000 ans et révèle que cette maladie a exercé une pression de sélection naturelle et entrainé le développement d’adaptations génétiques dans certaines populations.

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Les études archéologiques suggèrent, quant à elles, que les humains auraient très tôt adapté leur comportement pour se prémunir de cette maladie, notamment par l’utilisation de plantes répulsives et l’évitement de certaines zones à risque. Très peu de sites de peuplement ont ainsi été observés à proximité de rivières en Afrique du Nord, révélant certainement la volonté d’éviter les zones marécageuses où vivent les moustiques porteurs du parasite.

Un moustique anophèle femelle, vecteur du paludisme, lors d’un repas sanguin. © dblumenberg, Adobe Stock
Un évitement volontaire des zones à risques
Pour comprendre comment le paludisme a affecté l’organisation spatiale des humains entre 74 000 et 5 000 ans, une équipe de chercheurs a ainsi créé des modèles de distribution des espèces de moustiques en fonction des conditions actuelles observées (climat, environnement). Puis ces modèles ont été projetés dans le passé, en prenant en compte les paléoclimats et leur évolution. Cela a permis de calculer le risque de transmission du paludisme pour les anciens humains présents dans la région sub-saharienne.

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Les chercheurs ont ensuite comparé les zones favorables au paludisme avec les zones d’occupation humaine, à partir de données archéologiques. Les résultats, publiés dans la revue Science Advances, révèlent ainsi que, s’il y a initialement peu de chevauchement entre humains et zone à paludisme, suggérant que durant le Pléistocène déjà, les populations évitaient ces zones, la situation a changé autour du dernier maximum glaciaire. À partir de cette période, qui coïncide avec l’apparition de la mutation protectrice du gène de la drépanocytose, on remarque en effet que les humains commencent à occuper davantage les zones à risques.
« Ces résultats incitent également à la prudence quant aux hypothèses établissant des liens entre la néolithisation (la domestication des plantes) et l’origine de plusieurs maladies infectieuses, soulignent les auteurs de l’étude. Nos résultats montrent que le paludisme était déjà à un niveau extrêmement élevé il y a environ 13 000 ans, avant l’apparition supposée du mode de vie agro-pastoral ».
Source:
www.futura-sciences.com




