Le rendez-vous a été annoncé par le Medef lui-même. A un an de l’élection présidentielle, l’organisation patronale a reçu, ce lundi, Jordan Bardella à déjeuner dans un hôtel cossu du XVIIe arrondissement. Une forme de consécration pour le président du parti d’extrême droite qui multiplie depuis de longs mois les œillades au patronat. « Je ne suis pas de gauche, je n’ai pas l’entreprise honteuse », récitait-il encore, ce lundi 20 avril, en amont de sa rencontre avec les patrons. Ajoutant : « Je crois que nous avons un programme résolument tourné vers la production, vers la croissance et les dirigeants d’entreprise pourront trouver avec nous des alliés parce que nous avons besoin d’eux pour redresser l’économie française. »
Un tel discours ne détonne plus au Rassemblement national. Il est pourtant à des années-lumière de celui que tenait Marine Le Pen, en 2012, dans son ouvrage Pour que vive la France (Éditions Jacques Grancher), destiné à rendre compte de sa vision du pays. « En tant que responsable politique, ce qui me paraît le plus intéressant est la consistance idéologique de cette caste au pouvoir ; elle croit profondément au projet mondialiste, et à tout ce qui en découle : marche forcée vers l’Europe de Bruxelles, libre-échange, dilution des peuples via la mise en concurrence féroce et l’immigration, écrivait alors la candidate à l’élection présidentielle […] L’élite financière, bien sûr, approuve ce modèle parce qu’il sert objectivement les intérêts des grands patrons mondialisés, CAC 40 et Medef réunis. »
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